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True Blue
True Blue
Wise76 - Article publié le mardi 2 octobre 2007
Qui a dit que Chelsea était un club uniquement suivi par des yuppies de la City ? Idée reçue et donc en grande partie fausse. Le club londonnien a toujours été suivi par des groupes d’authentiques supporters.

Le Shed est la plus chaude des tribunes de Stamford Bridge. Elle n’a rien a envier au Kop d’Anfield, au Stretford End de Old Trafford, au North Bank d’Upton Park ou au Shelf de White Hart Lane. Depuis de longues années, les fans les plus assidus du Chelsea FC ont peuplé ce coin du stade. Même pendant les périodes de vaches maigres, le Shed est resté l’âme du stade, toujours rempli et bruyant. Les membres de ces groupes se distinguent également en se montrant très nombreux pour les rencontres des Blues à l’extérieur. A peine trois années après la création du club en 1905, Chelsea enregistrait les meilleures affluences du pays. La situation de Stamford Bridge, dans le centre de Londres, permettait aux Pensioners (surnom des Blues à l’époque) d’attirer les nouveaux arrivants dans la capitale, ainsi que les touristes. Le voisin de Fulham, qui avait refusé d’occuper Stamford Bridge, attirait plutôt la working class londonienne.

Après la Première Guerre, Stamford Bridge reste l’un des stades les plus remplis d’Angleterre. Le public encourage son équipe et sait applaudir l’adversaire lorsque celui-ci joue bien. Les sifflets vont en direction de l’arbitre ou des joueurs un peu trop brutaux. Dans les années 1930, Chelsea devient le local club pour les gens de Battersea, Wandworth et une large partie de South et West London. Les autres clubs, notamment ceux du nord de l’Angleterre, ont déjà une identité forgée par cinquante ans d’existence. Ils sont suivis par la working class qui assure le support et les rivalités. Les chants sont inspirés de leur travail et de leur identité locale.

En 1948, plusieurs spectateurs de Stamford Bridge décident de créer un club de supporters, proposant aux fans de s’unir pour encourager l’équipe à domicile, et d’organiser quelques expéditions pour les rencontres à l’extérieur. Un petit groupe se crée, multipliant les adhérents au fil des années. Quand Ted Drake devient le manager du club en 1952, il s’affaire tout de suite à changer l’image du club, sans doute inspiré par celui qui fut son manager à Arsenal, le visionnaire Herbert Chapman. On modifie l’écusson du club, où un lion apparait en lieu et place du pensioner, et les joueurs adoptent un nouveau surnom, les Blues. Sur le plan sportif, Drake change également les habitudes. Alors que le club recrutait des joueurs pour assurer le spectacle, Drake choisit de développer une politique de jeunes. Ainsi les jeunes du coin peuvent intégrer les différentes équipes, voire réver d’équipe première. Chelsea est reconnu dans la communauté locale, les fans sont ravis de cette proximité. Les terraces de Stamford Bridge deviennent alors très animées, notamment la très populaire West Terrace, vite accompagnée par la Fulham Road End, qui deviendra dans les années 1960 le Shed.

Les années 1950 voit les effets de la guerre s’estomper dans la société anglaise. Celle-ci bénéficie d’un boom économique qui bouleverse les habitudes de la population. Les modes vestimentaires et musicales investissent la jeunesse londonienne et dans les années 1960 apparaissent les Teddy Boys, les Mods, le Rockers et les premiers Skinheads qui s’affrontent dans la rue et les stades. Les chansons à la mode sont adoptées par les terraces de Stamford Bridge, où résonnent des airs à la mode aux paroles détournées pour la circonstance.

En 1965, la West Terrace est fermée, remplacée par le New West Stand, construit en un été. Une partie de ses fans va dans la Fulham Road End, et fait de cet endroit le plus chaud du stade. Le but étant de faire une home end sur le modèle du Kop d’Anfield. Lorsque Liverpool accède à l’élite en 1962, son public est déjà une référence et suscite l’admiration de beaucoup de fans, enthousiasmés par la ferveur qui s’en dégage. Les Liverpuldians ont adopté la musique des Beatles et d’autres Mersey’s bands. En 1966, Fulham Road End est rebaptisé le Shed, à la demande des fans qui l’occupent. A la fin des années soixante surgissent les premiers chants nommant les joueurs, Peter Osgood, Tommy Baldwin etc. ainsi que les premiers chants d’insultes, "We all hate Leeds and Leeds and Leeds..." et quelques classiques à l’adresse des Spurs, de Liverpool ou West Ham.

Les années 1970 sont une période de nombreux succès pour Chelsea, qui remporte notamment la Coupe des Coupes. Une période aussi qui coïncide avec l’arrivée des skinhead sur les terraces de Stamford Bridge. Des milliers de crânes rasés s’entassent dans le Shed et encouragent les Blues fédérés par l’hymne reggae-ska de Harry J. Allstar "Liquidator". Tout le monde semble avoir un Fred Perry de couleur différente, une chemise Ben Sherman ou un shirt Brutus. Un fan raconte : "On sortait du métro et on était comme transporté par la foule qui allait aux turnstiles. Une fois les marches montées, on se retrouvait au milieu d’au moins douze mille personnes, chaussées de Doc Martens, pantalon jean Levi’s, pour un haut Harrington. On essayait de se rapprocher du milieu mais impossible... et c’était parti pour trois heures de chants et de turbulences". Dans ces années, les skinheads blacks ou blancs dansaient, buvaient, et allaient au stade ensemble. On écoutait la mème musique, ska and reggae, on portait les mèmes fringues, aucune animosité. On allait au marché de Brixton faire nos courses sans souci. Les fans hardcore se positionnent dans le North stand, juste à coté des away fans (fans des équipes adverses).

Mais le climat commence à devenir plus menaçant au fur et à mesure que les résultats du club s’étiolent. Chelsea est relégué en 1975 et les premières abuse songs, ces chants contre la police, ou contre adversaires et arbitres commencent à se faire entendre. Si des lyrics telles que "Who ’s the wanker in black ?", "You re going home in a London ambulance" ou encore "It’s a long way to Fulham Broadway" gardent un aspect humoristique, d’autres chants bien moins souriants n’évoquent que destructions massives à coup de briques. A la fin des années 1970, Chelsea est de nouveau relégué après un bref retour parmi l’élite. Alors que le club se traîne au beau milieu du classement de la D2, les fans manifestent leur désenchantement par l’humour : "We’ll go to win the league" , "We are the famous CFC", "We are so great, it’s unbelievable".

En fait cette relégation montre toute la loyauté des fans de Chelsea qui se mobilisent comme jamais et vont parcourir le pays de long en large. A l’instar de l’ICF de West Ham (qu’ils surnomment Ice Cream Firm), les fans de Chelsea sont plus célèbre que l’équipe qu’ils supportent. Ils se déplacent en grand nombre, avides de découvrir de nouveaux stades et de nouvelles villes. Le Shed est territorialisé : "Middle", "West Side", "Tea Bar", "White Wall". Le Middle chante " We are the Middle of the Shed" et le West Side répond "We are the West side of the Shed", avant de reprendre tous ensemble "Chelsea ! Chelsea ! Chelsea !"

Les années 1980 sont les années Thatcher. Chelsea cumule les résultats catastrophiques, les fans subissent de plein fouet la crise financière et le racisme s’affiche en tribunes. La guerre des Malouines en 1982 inspire de nombreux chants à l’adresse notamment de Osvaldo Ardilès, le milieu de terrain argentin de Tottenham. Et lorsque Liverpool vient à Stamford Bridge pour un match de Cup, les terraces chantent "Does the social know you are here". Ambiance. En 1983, Chelsea est au bord de la relégation en troisième division, mais plus de douze mille fans en moyenne reste derrière les Blues. Les cinq mille entassés dans le Shed poursuivent leurs chants pendant quatre vingt dix minutes. De jeunes groupes investissent East End et se joignent au Shed et à West Stand pour assurer l’ambiance. Les fans de Chelsea sont interdits de déplacement, ce qui n’empèche pas les fans de bouger et d’entonner dans les stade "We are not here" ou "You can’t ban a Chelsea". Pour les matches à domicile, la réputation du Shed dissuade les fans adverses de se déplacer en nombre. Aux rares présents Stamford Bridge chante "Did you come on a taxi ?", ou "Is your tandem parked outside ?".

Au milieu des années 1990, le Shed est fermé mais cela n’empèche pas les fans de chanter, et d’inventer de nouveaux morceaux. Les fans se battent surtout contre les prix exorbitants des places qui excluent nombre de fans de longue date. En dehors des matches contre les gros clubs, ou des derbies londonniens, il n’est pas rare d’entendre la Away End (tribune des fans adverses). Les fans de Chelsea font tout ce qu’ils peuvent pour que l’ambiance de Stamford Bridge ne deviennent pas aussi morne que celle de Old Trafford ou de l’Emirates. Mais les Glory Hunters ont changé Stamford Bridge, les anciens fans sont fatigués de voir ces cars de Hollandais qui pensent qu’on est fan de Chelsea en allant dévaliser le Mégastore.

Aujourd’hui, les fans qui ont écrit l’histoire, ceux qui ont beaucoup donné à Chelsea depuis trente ans notamment en terme de loyauté, se battent pour que l’héritage et l’histoire soient préservées...

History

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Happy when it rains
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No more heroes
Stanley Cup
Peace in the Valley
Symphonie magyare dans un jardin anglais
La Cup à Canto
It must have been love
Red is Dead
Shame on the Tweed
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Sweet Six Weeks
Supercaley go ballistic
Floodlight Wolves
Supersub strikes again !
Wembley, le temple du souvenir
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Everybody Wants To Be A Cat
In The Army Now
The Big Sky
Coffee and Tea
The Great Scottish Invasion
Un printemps à Paris
Frankie goes to Hollywood
From Dusk Till Dawn
Germans always win ?
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