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Supersub strikes again !
Supersub strikes again !
Richard N. - Article publié le vendredi 16 mars 2007
Le 16 mars 1977, Liverpool reçoit l’AS Saint Etienne dans son antre d’Anfield, pour un quart de finale retour de la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Le plus grand match européen de l’histoire des Reds. Un match si particulier pour une génération de fans de foot anglais.

Jouera ? Jouera pas ? Les pronostics vont bon train dans les bistrots de Saint-Etienne, pour savoir si oui ou non Kevin Keegan sera présent sur la pelouse. Pour les uns, sa blessure ne serait qu’un mensonge pour faire tergiverser l’adversaire. D’autres au contraire affirment que le joueur est resté se soigner et n’a même pas fait le déplacement. Ce n’est que quelques heures avant le début de la rencontre que les radios annoncent que K.K. ne jouera pas à Geoffroy-Guichard. Les travées stéphanoises sont partagées entre la déception de ne pas voir le meilleur joueur de l’époque pour de vrai, et le soulagement d’affronter une équipe de Liverpool que l’on dit moins terrible lorsque son animateur est absent.

Saint Etienne - Liverpool, quarts de finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions 1976-77, c’est le choc de deux des clubs les plus en vogue de cette partie des années soixante-dix. En France, les Verts sont devenus un véritable phénomène de société. Leur épopée européenne coïncide avec l’émergence des télévisions couleur dans les foyers. Avec ces Stéphanois, tout semble possible. Ils ont renversé tant de situations compromises (Split, Kiev...), ont tombé tant de cadors (PSV, Rangers...) que le pays entier les encourage. En mai 1976, ils ont même eu le droit à une parade sur les Champs Elysées au retour de leur finale de Glasgow, finale qu’ils avaient pourtant perdue. Syndrome Poulidor des années Giscard.

Dix mois après Hampden Park et ses poteaux carrés, la perspective de rencontrer le Liverpool FC donne à cette quête européenne une dimension supérieure. Le foot anglais avait pour l’hexagone quelque chose d’inaccessible. L’équipe de France s’était pris tant de raclées face au onze d’Angleterre qu’il était impossible d’imaginer un joueur français inscrire ne serait-ce qu’un but à un gardien d’outre-Manche. Seul Saint-Etienne rendait cette hypothèse crédible.

A Geoffroy-Guichard, donc, le match aller a vu la victoire des Verts 1-0. Liverpool aurait pu l’emporter, notamment sur un tir de Steve Heighway qui s’écrasa sur un poteau. Les Stéphanois ont eu un mal fou à bouger le bloc rouge très compact, et il a fallu la persévérance de Dominique Bathenay pour arracher la victoire dans le dernier quart d’heure. La rencontre, très serrée, a un peu laissé le public sur sa faim. Liverpool a joué contre nature, préférant assurer un résultat plutôt que de se lancer à l’attaque. Une prudence mise sur le compte de l’absence de Keegan, mais aussi des craintes de Bob Paisley. L’entraîneur des Reds avait assisté à la finale d’Hampden Park et redoutait les hommes de Robert Herbin.

Pour le match retour à Anfield, Paisley peut compter sur un Kevin Keegan rétabli, mais doit se passer de Phil Thompson, opéré du ménisque. De leur coté, les Verts déplorent l’absence de leur libero argentin Oswaldo Piazza, coupable d’un carton jaune à la fin du match aller, son deuxième de la saison. Pour le remplacer, Robert Herbin a fait appel à Alain Merchadier, un déménageur plutôt rugueux, pas du genre à faire rêver les foules, mais parfait pour assurer le marquage de John Toshack.

Anfield est plein à craquer : 56.000 spectateurs sont présents, dont 8.000 Français venus encourager les Verts. A l’échauffement, les Stéphanois sont impressionnés par l’ambiance. S’ils pensaient avoir tout vu après avoir roulé leur bosse aux quatre coins de l’Europe, s’ils pensaient que leur chaudron de Geoffroy-Guichard était ce qui se faisait de plus chaud en Europe, ils s’aperçoivent qu’ils ne connaissaient pas encore le Kop, la tribune légendaire d’Anfield. Là où leur chaudron s’égosille, le Kop chante. Là où leur chaudron vocifère, le Kop gronde. Là où le chaudron fait peur, le Kop impose le respect.

Dès le début du match, Liverpool est à l’attaque. Steve Heighway, en position d’ailier gauche, tente de déborder Bathenay le long de la ligne de touche, mais il est contré par le Vert. L’Irlandais joue rapidement le corner pour Keegan. Le numéro 7 rouge se joue de Janvion et Bathenay et centre pour Toshack. Un centre à moitié raté que Ivan Curkovic va stopper sans problème. Du moins le croit-on... Est-ce le vent, la légèreté du ballon, un effet de la frappe de Keegan ? Toujours est-il que Curkovic voit ce ballon changer de direction et piquer directement dans sa cage ! Un but curieux, peut-être injuste, mais un but qui a le mérite, dès le début de la rencontre, de placer les deux équipes dans une parfaite égalité.

Un combat grandiose se déroule alors sur la pelouse. Loin d’être assommés par le sort, les Stéphanois se lancent à l’assaut de la forteresse. Les Verts inquiètent Ray Clemence à plusieurs reprises, mais les Reds répondent avec aplomb, histoire de rappeler qui joue à domicile. Le match est intense, superbe, impitoyable, entre deux équipes au sommet de leur expression. Le public d’Anfield, en connaisseur, applaudit indifféremment les actions de l’une ou de l’autre équipe. La mi-temps est atteinte sans qu’un autre but ne soit marqué.

La seconde période a repris depuis tout juste cinq minutes lorsque Dominique Bathenay s’empare du ballon au milieu du terrain. Les Reds savent-ils que le Stéphanois possède l’une des plus redoutables frappes du continent ? Le temps que Jimmy Case retrouve la mémoire et tente de s’interposer, c’est trop tard. De trente-cinq mètres, Bathenay déclenche une roquette de son pied gauche, et le ballon va se loger sous la barre de Clemence.

Un partout, cela change beaucoup de choses. Les Reds doivent désormais inscrire deux buts. Les Verts, en confiance, retrouvent leur caractère latin et s’appliquent à "faire tourner", histoire de confisquer le ballon. A l’heure de jeu, celui-ci est pourtant dans les pieds de Ian Callaghan. Celui-ci transmet le ballon à Phil Neal qui centre aussitôt pour Toshack. Le Gallois touche bien le ballon, mais ne peut le contrôler, la faute à Merchadier. Le ballon parvient à Ray Kennedy, lequel ne laisse aucune chance à Curkovic : 2-1. Il reste une demi-heure à jouer.

A la pointe de l’attaque des Reds, le combat des éléphants a pris fin. John Toshack, qui souffrait déjà d’une cheville, est à bout de forces. Alain Merchadier, son garde-chiourme, a le visage en sang (le coude de Toshack...). Malgré son désir de rester sur le terrain, l’arbitre lui intime l’ordre de se faire remplacer. Curieusement, Robert Herbin choisit de remplacer son défenseur par un attaquant, Hervé Revelli, estimant que c’est en les prenant à la gorge que les Verts empêcheront les Reds d’attaquer. De son coté, Bob Paisley décide d’utiliser son arme secrète : Il fait entrer un jeune rouquin, quasiment inconnu chez nous, mais dont la réputation a déjà conquit l’Angleterre : David Fairclough, surnommé "Super Sub", pour avoir déjà marqué quelques buts après son entrée en jeu.

Dans les derniers instants de la partie, le ballon vogue d’un camp à l’autre, sans vraiment se décider. Sur un centre de Larqué, Tommy Smith prend le dessus sur Hervé Revelli et dégage de la tête. Case balance loin devant. Tête de Lopez qui remet dans le camps des Reds. Tête de Mac Dermott qui donne à Kennedy... Le milieu de terrain des Reds envoie alors loin devant. Lancé à la limite du hors-jeu, David Fairclough a récupéré le ballon. Le super remplaçant échappe à Christian Lopez. Sa course vers le but laisse deviner ce qui va suivre. Il semble comme aspiré par le kop face à lui. Aux abords de la surface, Fairclough frappe de son pied droit et trompe Curkovic. "Supersub strikes again !" s’égosille le commentateur. Les images sont gravées dans l’inconscient collectif : Fairclough court les bras levés devant le kop qui, comme embrasé, est devenu entièrement rouge. 3-1, les Verts ne s’en relèveront plus. Certains esprits reprocheront à Christian Lopez de ne pas avoir su stopper la course du rouquin, de ne pas avoir commis la faute qui aurait empêché le but. Mais Lopez a choisit de ne pas enfreindre l’esprit du jeu, et il doit être loué pour son choix. L’homme qui avait stoppé Oleg Blokhine n’a rien pu faire devant la puissance et la fraîcheur du substitute.

Liverpool a arraché sa qualification et prend le chemin de Rome. Mais gardera toujours en mémoire cette confrontation avec les Verts. Au point que ce match est souvent cité comme le plus grand match européen jamais disputé par les Reds.

La déception fut terrible dans le camp français, mais elle fut également brève. Saint-Etienne avait affiché un tel panache qu’on ne pouvait lui reprocher grand chose. Ses supporters pensaient (à tort malheureusement) que d’autres campagnes allaient venir. Mais ce match surtout a marqué au fer rouge une génération de gosses fascinés par ces images, par cette ferveur qui émanait des tribunes. Mieux que ça, ce match fut un ticket pour ce drôle de pays où l’on joue au foot comme on respire, où les chapeaux-melon croisent les premiers punks devant les bus rouges à étage. Oui, ce match fut notre premier ticket pour l’Angleterre...

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