archives kick'n'rush
TELEGRAPH . FIGURES . HISTORY . FICHES CLUB

Naissance d’un Beatle
Naissance d’un Beatle
Richard N. - Article publié le lundi 25 septembre 2006
Le 9 mars 1966, Manchester United se rend à Lisbonne pour y affronter Benfica, en quart de finale retour de la Coupe d’Europe. Un enfer annoncé que les hommes de Matt Busby transformeront en un match de légende, illuminé par le talent naissant de George Best.

La Coupe d’Europe de football vient de fêter ses dix ans d’existence. Son succès est considérable et aucun pays du vieux continent n’imagine désormais ne pas envoyer son champion défendre ses couleurs. Y compris l’Angleterre, pourtant réputée pour son nombrilisme. Si quelques clubs anglais ont déjà conquis les Coupes d’Europe annexes  [1], la C1 reste encore début 1966 une affaire de latins.

Manchester United rêve d’être le premier club à ramener la Coupe d’Europe, la vraie, en Grande Bretagne. Sa quète, on le sait, avait été brisée un triste après midi de février 1958 sur l’aéroport de Munich  [2]. Sept ans après le drame, le club a retrouvé les sommets en remportant le championnat anglais, un titre qui lui ouvre de les portes de la C1 1965/66. Après deux premiers tours rondement menés face aux obscurs HJK Helsinki et Vorwarts Berlin, les hommes de Matt Busby doivent disputer un quart de finale autrement plus compliqué face au Benfica Lisbonne.

Lors du match aller, le 2 février à Old Trafford, United s’était imposé 3-2, grâce à une prestation de haute volée du capitaine Bobby Charlton, qui avait poussé ses coéquipiers à réagir après l’ouverture du score des Portugais. Un grand match, certes, mais un résultat un peu juste avant de se rendre dans l’enfer du stade de la Luz. Car à l’époque, Benfica est tout simplement un monstre du foot européen : Le club portugais a disputé quatre des cinq dernières finales de la C1. Il a remporté deux fois le trophée (1961 et 1962) et dispose de quelques uns des meilleurs joueurs du moment, parmi lesquels Eusebio, récemment élu meilleur joueur d’Europe. Et justement, ce Benfica-Manchester est l’occasion, juste avant le coup d’envoi, de remettre son Ballon d’Or à l’attaquant portugais.

Le décor est donc planté au moment où débute le match. Il fait une nuit noire, la rencontre ne débutant qu’à 23 heures, et 80.000 supporters vocifèrent dans les tribunes de la Luz, où Benfica n’a jamais perdu le moindre match de Coupe d’Europe. Matt Busby craint beaucoup ce match et recommande la prudence à ses joueurs, persuadé que jouer l’attaque serait suicidaire. Mais un joueur ne respecte pas ces consignes, ou ne les a pas entendues, ou n’en fait qu’à sa tête. George Best, vingt ans, porte le ballon vers l’avant et défie les expérimentés défenseurs portugais. Sept minutes à peine après le coup d’envoi, il reprend de la tête un coup franc de Tony Dunne et trompe Costa Pereira. Quatre minutes plus tard, il s’empare du ballon, dribble trois défenseurs portugais et marque son deuxième but. C’est la stupeur à Lisbonne, d’autant qu’à la quinzième minute, John Connelly inscrit un troisième but sur un caviar de Best.

3-0 après seulement un quart d’heure, la messe est dite. Le reste de la rencontre sera un cavalier seul de United, qui l’emportera 5-1, buts de Crerand (76’) et Charlton (88’) contre un autogol de Brennan (52’). Ce sera surtout une démonstration de la virtuosité de George Best, que les journaux portugais s’empresseront de surnommer el Quinto Beatle (le cinquième Beatle). Peu importe que les quatre autres soient de Liverpool, peu importe que l’intéressé se sente plus proche des Stones, le number 7 de Manchester a gagné un surnom, bien aidé par une photo publiée au lendemain du triomphe où on le voit dans le hall de l’aéroport coiffé d’un superbe sombrero, à la façon d’un Lennon ou d’un McCartney.

Pour Matt Busby, ce match de Lisbonne fut le plus accompli de l’histoire de son club en Coupe d’Europe. C’est peut-être beaucoup plus que ça. Ce 5-1 est la première grosse performance européenne d’un club anglais sur terrain adverse. Sans doute annonce-t-il même le début de la fin de l’hégémonie latine sur la plus prestigieuse des Coupes européennes. Deux ans plus tard à Wembley, Manchester United sera sacré champion d’Europe aux dépens du même Benfica.

[1] Jusqu’alors, seuls Tottenham 1963, et West Ham 1965 avaient conquis la Coupe des Vainqueurs de Coupes.

[2] Le 6 février 1958, l’avion qui transportait l’équipe de Manchester United de retour d’un match de Coupe d’Europe à Belgrade, manqua son décollage et s’écrasa sur l’aéroport enneigé de Munich. 21 personnes y trouvèrent la mort, parmi lesquelles sept joueurs. Voir notre article Die before I get old....

History

The rise and fall of West Ham
Ten years after
Die before I get old...
Three Lions ("Football’s coming home...")
Et ça dure depuis un siècle...
Mouettes et sardines, dix ans déjà...
Arsenal-MU, victoire de Sunderland
God Save Brooking
And Smith must score...
Merseyside derby at Wembley
La fête gâchée de Paul Gascoigne
Soixante-sept, année Celtic
M.U aux larmes
Onze garçons dans le vent
Kenny king of Wembley
A Forest
Clough vs K.K.
Paisley Parc
Viva Villa
Veni Vidi Vici
Le miracle de Barcelone
Dick, Kerr ladies soccer team
Forever Blowing Bubbles
And David Seaman won’t be very happy about that
Porazka à Wembley
Death penalty à Bramall Lane
The Boxing day Massacre
Don’t cry for me
Les fantômes de Cathkin Park
This is not a love song
Happy when it rains
Blue sunshine
Wanderers, pour l’Histoire
Du parmesan sous la poudre
La revanche de Mark Hugues
Je t’aime moi non plus
Les années W.W.
Le but de la centième minute
Touched by the hand of God
Only losers take the bus
I’m only the piano player
Les Invincibles de Preston
Naissance d’un Beatle
Tango, whisky & Sco
Canto or not Canto ?
No more heroes
Stanley Cup
Peace in the Valley
Symphonie magyare dans un jardin anglais
La Cup à Canto
It must have been love
Red is Dead
Shame on the Tweed
La revanche des bannis
Sweet Six Weeks
Supercaley go ballistic
Floodlight Wolves
Supersub strikes again !
Wembley, le temple du souvenir
Summers in the City
To Wish Impossible Things
Thick as Thieves
Ram Power
Everybody Wants To Be A Cat
In The Army Now
The Big Sky
Coffee and Tea
The Great Scottish Invasion
Un printemps à Paris
Frankie goes to Hollywood
From Dusk Till Dawn
Germans always win ?
True Blue
Always the sun
Green night in Spain