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Le but de la centième minute
Le but de la centième minute
Richard N. - Article publié le mardi 6 juin 2006
Le 30 juillet 1966, à la centième minute de la finale de la Coupe du Monde opposant l’Angleterre à l’Allemagne de l’Ouest, l’attaquant anglais Geoff Hurst marque le but le plus contesté de l’histoire du foot.

La légende du foot a la mémoire très sélective. Si le roi Pelé, par exemple, a inscrit plus de mille buts dans sa carrière, les plus fameux demeurent ceux qu’il n’a jamais marqué. Le but le plus célèbre de Diego Maradona est un but qui n’aurait jamais dû être validé. A l’inverse, le plus beau but jamais inscrit par Michel Platini a été refusé par un arbitre tatillon. Si l’Anglais Geoff Hurst n’a pas l’aura des joueurs précédemment cités, il est resté dans l’histoire pour être le premier homme à avoir inscrit trois buts en finale d’une Coupe du Monde. Mais l’histoire n’en a retenu qu’un, et l’on se demande encore aujourd’hui s’il fut vraiment valable.

L’affaire se passe le 30 juillet 1966, et elle a pour cadre le stade de Wembley, où se dispute la finale de la XIIIème Coupe du Monde. L’Angleterre de Alf Ramsey affronte l’Allemagne de l’Ouest dans un match palpitant. Le score a été ouvert après un quart d’heure de jeu par l’Allemand Helmut Haller, mais les Anglais ont rapidement égalisé sur une tête de Geoff Hurst. A douze minute du coup de sifflet final, Martin Peters donne l’avantage à l’Angleterre. Mais à l’ultime minute, au bout d’une action des plus confuses, le demi allemand Wolfgang Weber arrache l’égalisation (2-2). Pour la première fois, on va jouer des prolongations en finale d’une Coupe du Monde.

C’est au cours de ces heures sup que survient l’événement, à la dixième minute des prolongations, soit très exactement la centième minute. Sur un centre de Alan Ball, Geoff Hurst reçoit le ballon dos au but. L’attaquant anglais pivote sur lui-même et tire. Le ballon heurte la barre transversale puis rebondit au sol. Devant ou derrière la ligne ? That is the question. Jamais un but ne sera autant discuté. On aura beau voir et revoir les images, il sera bien difficile de juger si le ballon a rebondi ("entièrement", merci Jean-Michel) derrière la ligne. Les angles proposés par les quelques caméras ne donnent pas la réponse. Il y a toujours un gardien ou un poteau qui empêchent de voir nettement le ballon au moment du rebond. Et aucun photographe présent sur place n’a eu le bon réflexe à l’instant décisif.

Pour Geoff Hurst, la validité du but ne fait aucun doute : "Regardez Hunt au moment de l’action : Il a les yeux sur le ballon et il lève les bras quand il rebondit. D’où il était, s’il avait eu le moindre doute, il aurait poussé le ballon dans la cage, non ?". Du coté allemand, la certitude est contraire : "Ne me parlez plus de ce but, râle désormais Hans Tillkowski, le gardien allemand. Je mourrais avec la certitude que le ballon n’était pas entré !". Par la suite, un peu partout dans le monde, à chaque progrès des technologies de l’image, au sein de nombreuses universités, ou dans divers studios, les images du litige ont été analysées, agrandies, découpées, disséquées, ralenties, calculées, numérisées, tout ça pour la même conclusion : On ne voit pas bien...

Sur le terrain, Monsieur Dienst hésite longuement. Sous les palabres des joueurs, dans le brouhaha d’un public réclamant une décision rapide et si possible favorable, l’arbitre suisse va consulter son juge de ligne. Celui-ci est un Soviétique, venu de l’état d’Azerbaidjian, Monsieur Tofik Bahkramov. Celui-ci fait un "oui" de la tête, et Monsieur Dienst désigne le rond central. Le but est validé, à la grande colère des Allemands. Dans les jours qui suivirent cette finale perdue, une partie de la presse allemande s’en prendra à l’arbitre soviétique, rappelant si besoin était que la RFA avait éliminé l’URSS en demi-finale. Un quotidien ira même plus loin en ne trouvant rien de mieux que de conter un épisode douloureux de la vie de Monsieur Bahkramov, qui vingt-cinq ans plus tôt, était sur le front pour se battre contre les Allemands... Avec plus de légèreté, trente-neuf ans plus tard, Dmitri Kramarenko, gardien de but de l’équipe nationale d’Azerbaïdjan, aura un joli trait d’humour en avril 2005 avant que son équipe n’affronte celle d’Angleterre en match de qualification pour la Coupe du Monde. Par voie de presse, il supplie les attaquants anglais de ne pas lui marquer trop de buts : "N’oubliez pas que si l’Angleterre a remporté la Coupe du Monde en 1966, c’est grâce à un Azéri !"

Dans sa colère, la RFA a oublié un détail important : Si les hommes d’Helmut Schön disputent cette prolongation, ils la doivent à leur opiniâtreté, mais aussi à une erreur d’arbitrage de Monsieur Dienst. Dans la confusion qui précéda le but de Weber, à la l’ultime minute du temps réglementaire, le ballon a bien été contrôlé de la main par un joueur allemand. On ne parle pas encore de video-arbitrage, mais plusieurs ralentis démontrent bien ce fait. Nul doute que si l’Allemagne avait ensuite emporté cette finale, on évoquerait toujours cette main (Der Gotthand ?) dans les tabloids outre-manche.

La qualité de l’arbitrage a d’ailleurs été l’un des houleux débats de cette World Cup 1966. En Amérique du Sud par exemple, il ne fait aucun doute que le corps arbitral a été dirigé pour favoriser les desseins de l’équipe d’Angleterre, et d’entraver ceux des équipes sud-américaines. Le premier tour de l’épreuve a été marqué par les agressions subies par le Brésilien Pelé, touché par le bulgare Jetchev puis coulé par le portugais Morais, sous la clémence ahurissante des hommes en noir. En quarts de finale, l’Uruguay a proprement été volé par un drôle d’arbitre qui leur refusa un penalty flagrant, qui accepta ensuite un but allemand alors que le ballon était préalablement sorti de l’aire de jeu, et qui pour finir expulsa deux joueurs uruguayens... pour contestations. Dans un autre quart de finale, le bouillant Angleterre-Argentine à Wembley, l’expulsion du capitaine argentin Rattin à fait déborder le vase, d’autant qu’un joueur anglais comme Nobby Stiles distribuait allègrement des coups sous une troublante impunité.

La finale se termine dans une certaine confusion. L’Allemagne jette ses dernières forces, l’Angleterre résiste et maintient son avantage jusqu’au bout. Monsieur Dienst n’a toujours pas sifflé la fin du match, mais déjà quelques spectateurs courent sur la pelouse. Sur une contre-attaque, Geoff Hurst s’empare du ballon, fonce vers le but allemand et déclenche une frappe qui se loge sous la barre de Tilkowski. Kenneth Wolstenholme, le commentateur de la BBC s’était attardé sur les gamins qui couraient déjà sur la pelouse : "They think it’s all over...". Puis surpris par le but de Hurst, il enchaîne, euphorique : "It is now !". Bien sûr, l’arbitre aurait dû arrêter la partie pour faire évacuer les gamins, mais sans doute pris par la ferveur qui s’emparait de Wembley, il n’osa refuser le quatrième but anglais. Geoff Hurst, lui, reconnaîtra plus tard que sur le dernier tir, il souhaitait surtout envoyer le ballon le plus loin possible pour gagner quelques secondes. Finalement, il devient le premier homme à inscrire trois buts en finale d’une Coupe du Monde : Un parfaitement valable, un deuxième très contesté et un troisième carrément contestable.

L’Angleterre conservera donc toujours cette zone d’ombre sur son premier titre de champion du monde. Y avait-il but ou pas ? La plus belle réponse, on ne peut s’empécher de l’emprunter au journaliste français Yves Bigot. Un récent numéro de So Foot lui a demandé d’imaginer qu’il fut photographe pendant la World Cup 1966. "Tu étais derrière le but allemand, tu as pris une photo très nette du rebond du ballon sur la ligne de but, sur la reprise de Hurst : On voit quoi sur ce cliché mythique ?". L’enfant du rock délivre alors cette réponse : "Soixante mille anglais qui hurlent de joie et quatre-vingt-dix ans d’histoire du foot".

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