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Don’t cry for me
Don’t cry for me
Richard N. - Article publié le jeudi 10 novembre 2005
Un match de football entre Argentine et Angleterre n’est jamais vraiment un match comme les autres. Trop de comptes sont à régler entre les deux pays et leurs footballeurs. La guerre des Malouines, en 1982, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu d’une véritable haine qui remonte à la fin du XIXème siècle.

Quel autre endroit que Genève, synonyme de neutralité, peut accueillir un match Argentine-Angleterre ? Même affublée de l’adjectif "amical", une telle rencontre reste une véritable poudrière. Pour d’évidentes raisons de sécurité, aucun des deux pays n’invite l’autre trop souvent, et c’est bien souvent sur terrain neutre, de Mexico à Sapporo en passant par Saint-Etienne, que les deux équipes ont connu leurs affrontements les plus épiques.

La rivalité entre les deux pays dépasse le cadre du football. Après avoir acquit son indépendance en 1816, l’Argentine fit appel au Royaume Uni pour construire ses grandes infrastructures, notamment le chemin de fer. Dans les années 1860, les Britanniques représentaient pas moins du quart de la population de Buenos Aires. Ceux-ci avaient leurs propres réseaux, leurs banques, leurs écoles, et bien sûr leurs loisirs parmi lesquels le ballon rond. Il suffit de lire les noms des premiers clubs fondés à Buenos Aires (Racing, River Plate, Newell’s Old Boys...) pour mesurer l’influence anglaise sur les débuts du foot argentin. C’est d’ailleurs un enseignant écossais, Alexander Watson Hutton, qui fonda la Fédération argentine (AFA) en 1893, et qui mit sur pied le premier championnat, remporté par l’équipe de Saint-Andrews. La plupart de ces clubs n’acceptaient alors que des sujets de sa Majesté. Les locaux, principalement espagnols et italiens issus des précédentes vagues d’immigrations, créèrent de leurs coté leurs propres équipes.

Au début du vingtième siècle, l’influence britannique s’est peu à peu atténuée dans la société argentine. L’identité nationale s’affirmait même par le rejet de la culture anglaise. Le football s’était lui-même latinisé et l’on parlait désormais en espagnol dans les couloirs de l’AFA. Ce rejet était exacerbé par l’annuelle rencontre opposant des joueurs Argentins aux "Britanicos". Chaque année plus tendue, plus violente, la rencontre était remportée par les locaux dans un climat de plus en plus pourri. Les relations entre les deux pays en devinrent plus tendues, et le football, reflet de notre vie de tous les jours, ne manquera pas d’épisodes pour le rappeler.

La rencontres d’aujourd’hui, entre les équipes nationales d’Angleterre et d’Argentine, sont donc le prolongement de cette rivalité née autour de Buenos Aires. A ce jour, les équipes nationales anglaise et argentine se sont affrontés en quatorze occasions. Le score est actuellement de cinq victoires à quatre en faveur des Anglais, mais au delà des chiffres, combien de rencontres acharnées, d’expulsions, d’insultes, de crachats, de mains coupables mais aussi de matches d’anthologie, de buts somptueux ont générés ces confrontations peu ordinaires.

La première rencontre entre les deux sélections, le 9 mai 1951, se solde à Wembley par une victoire anglaise (2-1). Deux ans plus tard, le 14 mai 1953 à Buenos Aires, la première victoire de l’Argentine (3-1) est accueillie avec un tel enthousiasme que le gouvernement peroniste décrète un jour férié pour fêter les héros. Les deux pays ont en commun l’omniprésence du football dans la vie quotidienne. Pour le meilleur et pour le pire : Argentine et Royaume Uni sont notamment les pays de ces franges peu recommandables de supporters très violents, appelés hooligans d’un coté et barra bravas de l’autre. Les deux pays sont ceux dont les statistiques relèvent le plus de décès liés à un évènement footballistique...

Autre point commun, Angleterre et Argentine sont deux grands pays de foot qui, à des époques différentes, ont boudé la Coupe du Monde. L’Angleterre, bien au chaud dans son Splendide Isolement, a fait l’impasse sur les premières éditions dans les années 1930. L’Argentine quand à elle a refusé de disputer l’épreuve pendant deux décennies, lorsqu’on lui a refusé l’organisation de la Coupe du Monde 1938. Ainsi la première confrontation officielle entre les deux pays n’eut lieu que lors de la Coupe du Monde 1962 au Chili. Une victoire sans histoire pour le onze anglais (3-1). Le calme avant la tempète.

La rivalité footballistique prendra sa véritable ampleur lors d’un quart de finale de la World Cup 1966 à Wembley. Ce 23 juillet, l’Angleterre s’impose (1-0) grâce à un but de Geoff Hurst. Mais l’Argentine est réduite à dix. A l’heure de jeu en effet, l’arbitre allemand Rudolf Kreitlein a exclu le capitaine argentin Antonio Rattin. Celui-ci, après avoir longtemps refusé de sortir, rejoindra le vestiaire sans oublier de décrotter ses crampons sur le tapis rouge emprunté un peu plus tôt par les royaux pieds d’Elisabeth II. En fin de rencontre, Alf Ramsey, le sélectionneur anglais, tentera d’empécher à ses joueurs d’échanger leur maillot, puis traitera ses adversaires d’un méprisant "Animals".

La deuxième confrontation officielle n’aura lieu que vingt ans plus tard. Entre temps, quelques matches non-officiels ont été particulièrement épicés. Le 22 mai 1974 à Wembley, l’Argentine, menée 0-2, remonta la pente grâce à deux buts de Mario Kempes, dont un penalty de dernière minute. Trois ans plus tard, le 12 juin 1977, la Bombonera de Boca Junior est le théatre d’un nouveau match nul (1-1) où deux joueurs, l’Argentin Bertoni et l’Anglais Cherry, se font exclure peu avant la pause. Le 13 mai 1980, l’Angleterre s’impose 3-1, mais Wembley découvre le talent d’un certain Diego Maradona, auteur notamment d’une formidable série de dribbles à l’issue de laquelle son tir passera au ras du poteau.

Puis est arrivée la Guerre. La vraie. Les généraux argentins cherchent à s’emparer des Iles Malouines, ce qui provoque la colère de la dame de Fer. Soixante-douze jours de conflits dans les mers du Sud. 700 morts coté argentin, plus de 200 chez les Anglais. C’est donc dans un climat tendu que les deux équipes se retrouvent en Coupe du Monde, quatre ans après la fin du conflit. Dans les conférences de presse d’avant-match, les joueurs prennent soin de ne pas faire allusion au conflit, mais les tabloïds d’outre Manche se chargent de réveiller les fantômes. Avec leur finesse légendaire, ils balancent en une des titres du genre "Argies, vous allez payer une deuxième fois !". Le 22 juin 1986, au stade Aztec de Mexico, le match est engagé, mais loin d’être grandiose. Il aurait peut-être rejoint l’oubli sans un début de seconde période surréaliste, entré depuis dans la légende. Suite à une action confuse, Peter Shilton tente de boxer un ballon qui flotte trop près de ses buts. Mais son poing frappe dans le vide. Lorsqu’il se retourne, il voit le ballon rebondir dans sa cage et Diego Maradona courir les bras levés. La "Main de Dieu" a frappé. L’arbitre M.Bennaceur accorde le but malgré l’évidence de la tricherie et les contestations des joueurs anglais qui ont suivi.

A peine quatre minutes pour digérer l’injustice que les Anglais revoient ce diablotin de Maradona partir du milieu de terrain pour exécuter une diagonale époustouflante, plus belle encore qu’à Wembley six ans plus tôt. El Pibe dribble chacun des éléments de la défense anglaise, gardien compris, et glisse dans la cage de Shilton un ballon "...qui porte sa griffe sans toutefois laisser d’empreinte..." (L’Equipe, juillet 1986). En deux gestes insolents ponctués des deux buts qui feront sa gloire, Maradona a anéantit l’Angleterre. En fin de rencontre, Gary Lineker réduira l’écart. Ce sera son sixième but, qui en fera le meilleur buteur du tournoi. Maigre consolation pour une équipe aussi admirative du talent de Diego que fâché par sa roublardise. Cinq ans plus tard, à l’occasion d’un match amical à Wembley, Diego Maradona entrera sur la pelouse en tenant un ballon avec sa désormais fameuse main gauche...

Le troisième épisode de la saga a lieu douze ans plus tard à Geoffroy-Guichard, le stade de Saint-Etienne, pour un huitième de finale de la Coupe du Monde 1998. Un match de nouveau intense, superbe, le plus beau du tournoi. Il débute rapidement par deux penalties, un pour chaque camp, l’occasion pour Gabriel Batistuta et Alan Shearer d’augmenter leur capital buts. Puis vient le chef-d’oeuvre, la réponse au déboulé de Maradona. Un raid foudroyant du jeune Michael Owen, qui se joue de la défense argentine pour planter une frappe sèche sous la barre. L’Angleterre prend les commandes de la rencontre, mais l’Argentine égalise en fin de première période sur un coup franc astucieux.

En seconde période, un coup de théâtre va bouleverser la rencontre et lui donner une nouvelle ampleur. Asticoté par Diego Simeone, le jeune David Beckham donne pour se venger un petit coup de pied à l’Argentin... sous les yeux de l’arbitre. Le Spice Boy est aussitôt expulsé. A dix contre onze, l’Angleterre poursuit son match et rate la victoire de peu. A dix minutes de la fin, un but de Sol Campbell est refusé pour une faute peu évidente sur le gardien Roa. La prolongation voit une vaillante résistance des hommes de Glenn Hoddle mais ne donne aucun but. C’est donc l’heure des tirs aux buts. Elle sera fatale aux Anglais...

La revanche de la revanche a lieu quatre ans plus tard au Japon, dès le premier tour de la Coupe du Monde 2002. L’Argentine est, avec la France, la grande favorite du tournoi, mais l’Angleterre tient particulièrement à remporter cette partie, à l’image de son capitaine David Beckham. Celui-ci n’a pas oublié son expulsion de 1998. Il revient de surcroît tout juste rétabli d’une grave blessure datant d’un La Corogne-Manchester de Ligue des Champions, où il fut fauché par le dénommé Duscher. La nationalité argentine de ce dernier n’a bien sûr échappé à personne, et malgré les efforts de Beckham pour calmer le jeu, l’affaire a déchaîné un véritable tollé. L’ambiance est donc électrique à Sapporo. Un penalty est provoqué par Michael Owen et transformé par David Beckham. Celui-ci aura bien du mal à masquer sa satisfaction, ayant fait de cette rencontre une affaire personnelle. Cette défaite provoque la surprenante élimination de l’équipe d’Argentine.

C’est donc l’Angleterre qui a la main dans cette épique confrontation que rien ne semble pouvoir adoucir. Le duel gardera longtemps ce caractère particulier, proche de l’incident diplomatique. La passion qui entoure ces rencontres génère bien sûr des débordements regrettables, mais bien souvent, c’est le jeu qui prend le dessus.

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