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Ole-Gunnar Solskjær, baby face killer
Ole-Gunnar Solskjær, baby face killer
Richard N. - Article publié le mardi 4 septembre 2007
La fin de carrière de Ole-Gunnar Solskjær est une sacrée bonne nouvelle pour nombre de défenseurs d’outre-Manche. Cette fois c’est sûr, le serial-buteur au visage d’ange ne rentrera plus en cours de partie.

Vous connaissez l’histoire de David "Super-Sub" Fairclough ? Comment il vécut, comment il a ruiné nos espoirs ? Ca vous a plu ? Vous en redemandez encore ? Alors écoutez bien l’histoire de Ole-Gunnar "Baby Face Killer" Solskjær.

Alors voilà. Ole-Gunnar est Norvégien. Il est né le 26 février 1973 à Kristiansund, principale ville du Nordmøre. Son père est un champion de lutte gréco-romaine, mais lui, préfère taper dans un ballon. Belle idée, puisqu’il deviendra adulte au moment où la Norvège possède l’une de ses plus belles générations de footballeurs, en l’occurrence celle qui constituera la meilleure équipe nationale de l’histoire du foot norvégien, celle des années quatre-vingt-dix et des rendez-vous qui comptent. Mais cette équipe de Norvège, c’est malheureusement celle du coach Egil Olsen et de son jeu résolument négatif, c’est de loin l’équipe la plus ennuyeuse de la Coupe du Monde 98 et de l’Euro qui suivit. On oubliera donc Solskjær l’international norvégien, ses 66 sélections et ses 24 buts, pour se concentrer sur sa carrière en club. Formé au Clausenengen FK, un club de troisième division norvégienne, Ole Gunnar débute sa carrière pro au Molde FK où il reste deux ans. En 1996, Alex Ferguson n’est pas parvenu à attirer Alan Shearer à Manchester United. Il claque donc le million et demi qui lui reste pour faire venir le jeune norvégien inconnu.

Manchester United, à l’époque, ce n’est pas rien : Les Red Devils viennent d’engranger leur deuxième doublé Cup-Championnat en trois ans et n’envisagent rien d’autre que de conquérir l’Europe. Eric Cantona, Roy Keane et Peter Schmeichel enseignent les rudiments du métier à la bleusaille encore un peu tendre des Beckham, Scholes, Butt et autres Neville. Ole Gunnar Solskjær est rapidement assimilé à cette génération. Il fait ses débuts en Premier League le 25 août 1996, à Old Trafford. Il entre en jeu en deuxième période au cours d’une rencontre mal embarquée face à Blackburn. Six minutes plus tard, il inscrit son premier but. Dès lors tout est dit : Derrière ce visage d’ange se cache un instinct de tueur. Sa spécialité, à Ole-Gunnar, c’est d’entrer et de marquer. Le Norvégien se fraie rapidement une place de titulaire et termine sa première saison comme meilleur buteur du club.

Ole-Gunnar Solskjær passera onze saisons à Manchester United. Onze saisons sur le banc penseront les esprits chagrins qui n’auront toutefois pas complètement tort. Quelques blessures l’éloigneront d’abord des terrains, puis la qualité de ses concurrents directs le forceront à attendre son tour sur le banc. Mais surtout, Alex Ferguson sera habité par la conviction que son Norvégien s’exprime mieux sur un court laps de temps face à des adversaires émoussés. Celui-ci lui donnera rarement tort, marquant souvent un but après être entré en jeu. Les médias en rajouteront des tonnes, le public se plaira à chanter l’homme providentiel, et pourtant les statistiques démontreront que la majorité des buts de Ole-Gunnar Solskjær auront été inscrits alors qu’il avait débuté la rencontre.

Ce mythe du Super-Sub est bien sûr renforcé par son but le plus fameux, celui de cette belle soirée catalane du 26 mai 1999. Une finale européenne qui serait entrée au rayon des mauvais souvenirs du club mancunien si elle n’avait connu ce final ahurissant, deux buts miraculeux qui effacèrent d’un coup une rencontre complètement ratée. Scholes et Keane absents, Beckham positionné trop bas, Schmeichel plus râleur que jamais, un but encaissé d’entrée et un Manchester groggy entre les griffes du Bayern. Puis Alex Ferguson fait entrer ses remplaçants, Teddy Sheringham puis Ole-Gunnar Solskjær. Le premier égalise à la dernière minute et devient un héros. Le second marque aussitôt après et devient un super-héros  [1]. Et dire que Ole-Gunnar aurait pu ne pas jouer cette finale ! Dix mois plus tôt, son transfert à Tottenham était quasiment bouclé. Mais il refusa de partir, quitte à cirer sur le banc. Le remplaçant de luxe (seulement dix-sept titularisations) n’en perdra pas son killer instinct (dix-sept buts en Premier League). Il marque même les esprits un soir de février 1999, lors d’un match de championnat à Nottingham : Alors que United mène déjà 4-1, Solskjær entre à un quart d’heure de la fin et trouve le temps d’inscrire quatre buts supplémentaires. Après chacun d’eux il lève à peine les bras, presque gêné d’une réussite si insolente.

Son but de Barcelone a définitivement fait entrer le Norvégien dans le Hall of fame de Manchester United. Ole-Gunnar fera d’ailleurs toute sa carrière chez les Red Devils. Il deviendra peu à peu un titulaire, notamment en 2001-2002, sans doute sa saison la plus pleine, aux cotés de Ruud van Nistelrooij. Par la suite, Alex Ferguson, lorsqu’il cherchera à pousser David Beckham vers la sortie, tentera de faire du Norvégien un milieu droit.

En septembre 2003, Ole-Gunnar Solskjær a trente ans. Il a conservé son sourire d’ange et son âme d’enfant, mais son corps commence à ressentir les effets de l’âge et des exigences du haut niveau. Une récurrente douleur au genou incite les médecins à le passer sur la table d’opération. Dès lors, la carrière du Super-Sub se poursuivra en pointillés. Il effectue son retour en février 2004 dans quelques bouts de matches avant de se briser le genou pour de bon. On ne le voit plus sur les terrains pendant quasiment deux saisons, mais il reste présent. Il est notamment le seul joueur à s’engager ouvertement auprès des supporters mancuniens contre le rachat du club par la famille Glazer. Il effectue son retour lors de la saison 2006-2007, histoire de glaner son sixième titre de champion aux cotés des Rooney et Ronaldo.

En août 2007, Ole-Gunnar effectue la préparation avec son club et marque même quelques buts en matches amicaux. Mais le 28 août, après n’avoir pas disputé le moindre match de Premier League, le Norvégien annonce qu’il met un terme à sa carrière. Plutôt que de courir après une forme qu’il ne retrouvera jamais, Baby-Face Killer (un surnom qu’il n’a jamais vraiment aimé) se prépare désormais au métier d’entraîneur. Une certaine attirance, décidément, pour les bancs de touche.