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My name is Bonds
My name is Bonds
Hammer - Article publié le lundi 18 septembre 2006
West Ham United ne sera jamais un club de mercenaires. Trop de joueurs qui ont porté ce maillot ont défendu des valeurs de loyauté et de fidélité, à l’image de Billy "Bonzo" Bonds, pilier d’Upton Park durant plus de vingt ans.

Bonzo incarne plus que tout autre la fidélité à West Ham à tel point que l’on peut écrire qu’aujourd’hui encore il est West Ham. Seul Bobby Moore, du haut de son palmarès, le surpasse.

Bonds arrive à Upton Park en mai 1967. Le manager Ron Greenwood avait repéré le jeune Bonds et son look de mod sur les terrains de seconde division où il tenait du haut de ses vingt ans la défense centrale de Fulham. Mais les Cottagers jouent leur survie chaque saison et le jeune Bonds n’hésite pas à rejoindre une équipe qui est alors une référence du jeu anglais. D’entrée, Bonds impose son physique et ses longues courses vers l’avant. Avec Moore, il stabilise la défense des Hammers. C’est le début de l’aventure : vingt-et-un ans plus tard, Bonds aura porté 793 fois le maillot claret and blue et scoré à 49 reprises.

Doté d’un physique taillé pour la bagarre et d’un mental de guerrier, Bonds devient rapidement une idole d’Upton Park. Les supporters de West Ham rugissent de plaisir quand Bonzo fait valoir ses qualités physiques ; il y a parfois de la casse et il n’est pas rare de voir Bonds finir les matches le maillot maculé de sang. Quelques mois après son arrivée, Billy est appelé à une vingtaine de reprises en équipe d’Angleterre Espoirs.

Au début des 70’s, West Ham évolue dans le ventre mou du championnat et Ron Greenwood juge son milieu de terrain trop léger. Lors de la pré-saison 1971-72, il décide de faire jouer Bonds en n°6. La surprise est grande même pour ses coéquipiers mais celui-ci enchaîne les prestations de haut niveau. Dans le vestiaire, plus personne ne conteste la place de Bonzo qui en 1974 devient capitaine après le départ de Moore. Doté d’une frappe de balle puissante, Bonds marque quelques buts importants et spectaculaires.

Quelques mois plus tard, Bonds retrouve Moore et Fulham pour la finale de la FA Cup. Les Hammers s’imposent 2-0 et Bonds soulève la Cup pour la première fois à l’issue de ce qui est considérée comme l’une de ses meilleures saisons. Un an plus tard, c’est encore Billy qui mène ses Hammers en finale de la Coupe des Coupes. Mais un arbitrage à la maison et le talent des attaquants d’Anderlecht empêchent Bonds de ramener la C2 à Green Sreet, douze ans après le triomphe de Moore, Hurst, Peters et les autres.

Les succès en coupe masquent les difficultés de West Ham en championnat. Un effectif trop juste en talent ne peut éviter la relégation en deuxième division. A West Ham, l’amour du maillot signifie quelque chose : tout comme Trevor Brooking, alors n°10 de l’équipe nationale, Bonds reste au club et bataille dans l’obscurité de la deuxième division. C’est à cette époque que Bonds encadre l’émergence de jeunes talents qui vont marquer l’histoire du club. Sous l’égide du charismatique Bonzo, Alvin Martin ou Ray "Tonka" Stewart vont s’affirmer.

En 1980, West Ham est toujours en seconde division quand Bonds revient à Wembley pour disputer la finale de la FA Cup contre l’Arsenal de Liam Brady. Au printemps 1980, les Gunners jouent le titre, la finale de la C2 et arrivent à Wembley avec la ferme intention de rosser les Hammers. Mais la légende de West Ham est en marche : cette finale mythique voit le triomphe des Irons grâce au but de Brooking [1]. Et Bonds devient le premier, et à ce jour le seul, capitaine du club à soulever deux fois la Cup.

Le club revient en première division la saison suivante et la charnière centrale Bonds - Martin impressionne. A tel point que nombreux sont ceux qui aimeraient voir Bonds sous le maillot de l’équipe nationale. Mais à 35 ans, sa chance est passée.

En 1985, Billy songe à raccrocher suite à une sale blessure au genou qui l’empêche de participer à la meilleure saison des Hammers qui, emmenés par les attaquants Frank MacAvennie et Tony Cottee, finissent troisièmes à quelques longueurs de Liverpool et d’Everton mais avec un total de points qui, une autre année, aurait suffit à assurer le titre.

Bonds continue finalement à jouer et ce n’est qu’en 1988 qu’il arrêtera définitivement, non sans signer un autre record du club : il est à 41 ans et 225 jours le joueur le plus âgé à avoir porté le maillot des Hammers.

Mais Billy Bonds revient rapidement à Upton Park : en 1990, il remplace au pied levé le manager Lou Macari poussé vers la sortie suite à de sombres histoires de transferts. Bonds devient le septième coach de l’histoire du club. Il décide d’appeler un autre "historique" en la personne d’Harry Redknapp qui devient son adjoint. En quatre années, Bonds et les Hammers connaissent une relégation suivie d’une remontée et une demi-finale de Cup honteusement volée par le carton rouge donné à Tony Gale dans des conditions très litigieuses.

En 1994, Billy se brouille avec ses dirigeants et Redknapp : il quitte le club à la surprise générale et au grand désespoir des joueurs et des fans qui appréciaient son coaching.

Bonzo quitte le club vingt-sept ans après son arrivée. Il est pour toujours dans l’histoire de West Ham et a été élu dans le onze idéal du club. Son charisme, son dévouement et tout ce qu’il a accompli pour le jeu sont récompensés par le titre de Member of the Order the British Empire (MBE).

Seule faute de goût dans le parcours de cette légende des Hammers : les deux années passées à Milwall comme manager entre 1996 et 1998.

Héros local, idole des supporters et personnalité hors du commun, Billy "Bonzo" Bonds incarne West Ham aux côtés de Bobby Moore et Trevor Brooking.