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Ron Greenwood, ouest âme
Ron Greenwood, ouest âme
Richard N. - Article publié le samedi 11 février 2006
Ron Greenwood est mort le 9 février des suites d’une longue maladie. Coach mythique du grand West Ham des sixties, il fut également le manager de l’équipe d’Angleterre lors de la Coupe du Monde 1982.

Il était ce monsieur dégarni assis sur le banc de l’équipe d’Angleterre qui atomisait la France à Bilbao lors de la Coupe du Monde 1982. Le genre sérieux, pas rigolo du tout. Ron Greenwood avait pour mission de ramener la Coupe du Monde. On ignorait alors que déjà, chez lui, il était une légende.

Né le 11 novembre 1921 à Worsthorne, un village proche de Burnley, Ronald Greenwood découvre Londres très jeune, ses parents ayant décidé de s’installer dans la capitale britannique afin de résister à la grande récession économique des années 1930. Sur les aires de jeu, il se montre plus doué que ses copains au foot, et rejoint plus tard le club de Chelsea en qualité d’amateur. Mais la Seconde Guerre l’oblige a délaisser provisoirement le ballon rond. Il s’engage au sein de la Royal Air Force en Irlande du Nord, ce qui lui permet d’apparaître ponctuellement dans l’équipe du Belfast Celtic.

La guerre terminée, Greenwood quitte Chelsea. Il n’aura jamais joué dans l’équipe fanion. Sa carrière débute réellement en 1946 au sein du Bradford Park Avenue. Il a vingt-cinq ans. Deux ans plus tard, il rejoint "son" club, Brentford, où il demeure quatre saisons et marque l’unique but de sa carrière. A 31 ans, il retourne à Chelsea. Puis il rejoindra Fulham en 1954 où il mettra un terme à sa carrière. Il n’a connu qu’une seule sélection en équipe d’Angleterre, et encore fut-ce l’équipe B.

En novembre 1958, il s’essaye au métier d’entraîneur. On le voit à Eastbourne United puis à Oxford University où il croise Sir Harold Thompson, futur patron de la FA. Il est ensuite appelé pour diriger les équipes d’Angleterre jeunes et espoirs, tout en devenant l’adjoint de George Swindin à Arsenal.

En avril 1961 débute une longue et fructueuse collaboration entre Greenwood et le club qu’il portera vers les sommets : West Ham United. Avec les Bobby Moore, Geoff Hurst et autres Martin Peters, il remporte la FA Cup 1964 puis la Coupe des Coupes 1965. On serait tenté d’ajouter la Coupe du Monde 1966, mais il faut laisser à Alf Ramsey ce qui lui appartient... même si Martin Peters n’hésitera pas à affirmer que "sans Ron, l’Angleterre n’aurait jamais été championne du monde en 1966". D’un groupe relativement jeune, Greenwood construit son équipe avec méthode et rigueur. Sa science du jeu lui permet d’obtenir des résultats probants, même si durant ses treize années à la tête des Claret and Blues, il n’est jamais parvenu au titre de champion d’Angleterre.

En décembre 1977, alors que Don Revies lâche l’équipe nationale en pleines éliminatoires pour le Mundial 1978, la F.A. fait appel à l’ancien coach de West Ham, devenu manager général en 1974. A son arrivée, il est déjà trop tard pour qualifier les Lions au Mundial Argentin. Mais il parvient à assurer leur présence au Championnat d’Europe 1980, puis à la Coupe du Monde 1982, épreuve où l’Angleterre était absente depuis douze ans. Si en Italie, l’équipe anglaise ne fait que passer, le Mundial en Espagne la voit réaliser un départ tonitruant (but de Robson après 27 secondes contre la France, trois victoires sur trois au premier tour...). La suite sera un peu plus maussade. Privée depuis le début du tournoi de deux joueurs majeurs, Trevor Brooking (qu’il a formé à West Ham) et Kevin Keegan, l’Angleterre s’étiole avec deux 0-0 qui laissent la voie libre au rival ouest-allemand. L’équipe anglaise termine invaincue, mais son bilan reste mitigé.

Ron Greenwood choisit la fin du Mundial espagnol pour quitter son poste de sélectionneur. A soixante-et-un ans, il se retire même des choses du football, du moins en tant qu’acteur. Il livre ses analyses à la BBC en qualité de consultant. Le 9 février 2006, Greenwood quitte le monde après s’être longtemps battu contre la maladie.