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This Charming man
This Charming man
Yann Rush - Article publié le lundi 18 juillet 2005
Les dernières stars des Hammers (Cole, Ferdinand, Lampard) ont quitté le club au début de leur carrière. D’ailleurs, qui se souvient que ces joueurs ont été formés à West Ham ? La carrière de Trevor Brooking, elle, est à jamais associée à ce seul club.

Aucun joueur ne personnifie autant le jeu pratiqué par les Hammers dans les années 60, 70 et 80 que l’élégant Trevor Brooking. Formé à West Ham, il fit ses débuts en équipe première le 29 Août 1967 face à Burnley. Alors attaquant, il ne lui était pas évident de s’exprimer dans l’ombre de Bobby Moore, Geoff Hurst et Martin Peters, ces héros de 66. Leur départ au début des années 70 fut un soulagement pour Brooking. Il devint alors titulaire indiscutable, et plus rien ne pouvait empêcher son accession au rang de nouveau héros d’Upton Park.

Malgré des débuts précoces, il ne comptait que 30 matchs dans l’élite au départ de Peters en Mars 70. Frustré de ne pas être aligné plus souvent, il alla même jusqu’à demander à plusieurs reprises son départ au manager de l’époque, Ron Greenwood. Heureusement, celui-ci n’en fît rien et refusa le possible transfert de son joyau.

Trevor n’était sans doute pas le plus grand tackleur du championnat, manquait d’agressivité et était souvent moqué pour les qualités de son jeu de tête mais il était de loin le joueur le plus influent de West Ham, notamment sous le managérat de John Lyall fin 70, début 80.

Trevor fut souvent extraordinaire bien qu’évoluant la plupart du temps dans des équipes moyennes. Après la victoire en Cup en 1975, il dut faire face à la plus difficile décision de sa carrière, quand ses Marteaux adorés furent relégués en 78. Ron Greenwood, devenu entre temps sélectionneur de l’équipe aux Trois Lions, assura Brooking que le fait de jouer en Deuxième Division n’altérait en rien ses chances de jouer en sélection. Il ne voyait alors aucune raison de quitter Upton Park.

Bien lui en prit. En Mai 1980, la victoire en Cup face à Arsenal est son instant de gloire. Il est l’unique buteur du match... de la tête. La saison suivante, Brooking fut génial pendant que les Hammers battaient le record de points de "Second Division." La saison s’acheva néanmoins tristement avec une défaite face à Liverpool en finale de la Coupe de la Ligue.

Pendant cette période, il restait un choix constant pour le sélectionneur anglais, évoluant 47 fois en blanc. Son entente avec Kevin Keegan était brillante, et il se permettait même de marquer des buts importants, comme ce doublé contre la Hongrie en 1981. Malheureusement, une blessure allait l’empêcher de briller lors de la plus prestigieuse des compétitions. Malgré leur rentrée en fin de match face à l’Espagne en 1982, lui et Keegan ne pouvaient empêcher l’Angleterre d’être éliminée.

En 1985, après 636 matchs avec les Claret and Blue et 102 buts, le numéro 10 fit une dernière apparition à Upton Park, s’offrant un tour d’honneur hautement émotionnel. Mais ces chiffres ne peuvent résumer la carrière de ce "gentleman dans un sport dur" dixit Brian Scovell, journaliste. Il continue ainsi : "Au fur et à mesure que le jeu s’est endurci, est devenu plus compétitif, il a continué à nous régaler avec son jeu. C’est l’un des rares joueurs qui pouvait faire se lever les spectateurs de leur chaise à n’importe quel moment. C’était un joueur honnête dans un sport qui peut parfois s’avérer très malhonnête."

Il quitta alors le monde du football et se transforma en homme d’affaires à succès. Résistant longtemps à l’appel du terrain, on le vit néanmoins sur le banc de West Ham, à la fin de la saison 2002-2003, tentant de sauver son équipe d’une descente inéluctable. Son bilan fut excellent... mais les Hammers atterirent néanmoins en Division One, non sans avoir battu au passage le record de points pour un club relégué. Glenn Roeder débarqué au bout de trois matchs la saison suivante, on vit réapparaître Brooking sur le banc, pour quelques matchs. Tout Upton Park voulait qu’il reste. Il n’en fut rien.

Il travaille aujourd’hui pour la BBC à la radio ou lors de retransmissions télévisuelles et est également membre du directoire de... West Ham. Qui d’autre ?

Dernière chose, il est né à Barking, quartier abritant le Boleyn Ground, stade de West Ham. Sans doute y sera-t-il un jour enterré...