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Gordon as sure as Banks
Gordon as sure as Banks
Richard N. - Article publié le vendredi 11 mars 2005
Dans le panthéon des plus grands gardiens de l’histoire du foot, Gordon Banks figure en bonne place aux cotés de Lev Yachine, Ricardo Zamora et autres Dino Zoff. Champion du Monde en 1966, il fut de tous les gardiens qui se sont succédés dans la cage du onze d’Angleterre, le plus grand.

Bobby Moore jure avoir entendu Pelé crier "Gol !". Et Pelé lui-même a levé les bras. La reprise de la tête du Brésilien est si pure, si précise, qu’elle ne peut précéder qu’un but. Ce 7 juin 1970, dans l’ambiance bruyante et colorée du stade de Guadalajara, Pelé ne marquera pourtant pas. Par la grâce d’un réflexe ahurissant, Gordon Banks se détend et boxe le ballon hors de sa cage. Le public est stupéfait. Banks se relève sans de départir de son flegme habituel. Il se replace pour le corner. Il ignore alors que cette parade l’a fait entrer dans la légende.

C’est, dit-on, le plus bel arrêt de l’histoire du foot. Un arrêt qui pourtant ne lui ressemble pas. Gordon Banks, au contraire, a toujours privilégié l’efficacité du geste plutôt que ce genre de parade spectaculaire. De son mètre quatre vingt trois, il cultive la science du placement, se contente de faire un boulot propre et n’use de la claquette que par nécessité.

Dans sa longue histoire, l’Angleterre a rarement été dépourvue en goal-keepers de talent. Mais si l’on doit choisir le meilleur parmi tous ceux qui se sont succédé dans la cage du onze d’Angleterre, il semble bien que le champion du Monde 1966 remporterait tous les suffrages. "As sure as Banks", le jeu de mot est trop évident pour y échapper.

Né le 30 Décembre 1937 à Tamworth, dans le Staffordshire, Gordon Banks choisit d’apprendre le métier de maçon. Il joue dans l’équipe de la maison Millspaw Steel Works, et va prendre place dans les buts faute de volontaires. Il s’y montre si doué qu’il occupe rapidement la cage du Chesterfield FC. En 1959, Leicester City débourse 79.000 livres sterlings pour s’attacher ses services. Le club, dont le nom n’apparaît sur aucun palmarès, se fraie par deux fois le chemin de Wembley. Mais Banks ne pourra éviter la défaite des Foxes face à Tottenham Hotspurs (1-2) en 1961, puis Manchester United (1-3) en 1963. Leicester se consolera avec la League Cup en 1964, conquise aux dépens de Stoke City.

En 1960, Banks est sélectionné en équipe d’Angleterre des moins de 23 ans. La cage de l’équipe première est occupée par Ron Springett (Sheffield Wednesday), et c’est lui qui est sélectionné pour la Coupe du Monde au Chili. En 1963, Walter Winterbottom cède sa place de sélectionneur national à Alf Ramsey. Celui-ci, pour une rencontre contre l’Ecosse à Wembley le 6 avril 1963, appelle Banks. Celui-ci a vingt-six ans.

Banks jouera trente-sept matches avec la sélection nationale anglaise. Durant cette période, l’équipe anglaise ne connaîtra que neuf défaites, et les moments les plus culminants de son histoire. La World Cup 1966, évidemment, où il tient quelques 441 minutes avant d’encaisser son premier but, puis le Mundial 1970 et le "Most Famous Save" qui le fait entrer dans la légende.

Après 293 matches disputés avec Leicester, Banks rejoint en 1966 le club de Stoke City avec qui il remportera une nouvelle League Cup, en 1972. Nommé chevalier de l’empire britanique (OBE) en 1970, Banks sera contraint d’arrêter sa carrière en 1972 suite à un accident de voiture oú il perdra l’usage d’un œil. Un handicap qui ne l’empéchera pas toutefois d’aller courir le cachet aux Etats Unis, oú il garde d’un œil les cages des Fort Lauderdale Strikers jusqu’en 1977.

Sa carrière de joueur terminée, il se lance naturellement dans celle d’entraîneur, avec l’équipe réserve de Port Vale. Il devient ensuite manager général de Telford United puis entraineur des gardiens à Stoke City. Retiré du football, il dirige une société de relations publiques et arrondit ses fins de mois comme after-dinner speaker [1].

  • [1] Le métier de "after-dinner speaker" (littéralement conteur de fin de repas) est une activité très courante et fort bien rémunérée en Grande Bretagne. Profil exigé : Pratique courante de l’anglais, de la tchatche et accessoirement un passé glorieux. Footballeurs et militaires apréciés.