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Michael Owen the saint
Michael Owen the saint
Richard N. - Article publié le jeudi 16 décembre 2004
Michael Owen, Ballon d’Or 2001, est le seul joueur du Liverpool FC à avoir reçu le titre de meilleur joueur européen avec le maillot rouge.

Sa course folle zèbre la pelouse de Geoffroy-Guichard. Comme un éclair, un adolescent transperce balle au pied une défense de vieux gauchos argentins soudainement pris de panique. A quelques encablures de la cage, il enclenche une frappe aussi pure que sa jeunesse est cullotée. Michael Owen, dix-neuf ans et demi, attaquant de l’équipe d’Angleterre, vient de planter le plus beau but de la Coupe du Monde 1998. La réponse de l’Angleterre au prodigieux solo d’un certain Diego Maradona, douze ans plus tôt à Mexico.

La chronique n’a pas oublié que le sélectionneur de l’époque, Glenn Hoddle, a longtemps hésité avant d’emmener le gamin de Liverpool au Mondial Français. Trop jeune, trop tendre. Mais Michael Owen est une nature précoce et son début de carrière ressemble aux démarrages foudroyants dont il s’est fait une spécialité. Son premier match pro, Liverpool-Wimbledon, date de mai 1997. Il a dix-sept ans et demi. Un an plus tard, il dispute son premier match de Coupe du Monde, à Marseille contre la Tunisie. Puis marque son premier but trois jours plus tard à Toulouse face à la Roumanie. Il n’a connu sa première sélection que quatre mois avant le Mondial, un 11 février 1998 lors d’un Angleterre-Chili à Wembley. A dix-huit ans et 59 jours, il devient le plus jeune joueur jamais sélectionné en équipe d’Angleterre au cours du vingtième siècle.

Parce que marquer contre l’Argentine signifie quelque chose, Michael Owen devient une star. Un premier de la classe sympa et disponible, qui travaille bien et se couche tôt. Tout le contraire de David Beckham, expulsé lors de ce même match contre les Argentins et considéré comme le coupable numéro un de la défaite. La gueule d’ange hollywoodienne sort avec une chanteuse pop, fait la fête et se couche tard. Il est sifflé dans tous les stades du Royaume.

A l’attaque du Liverpool FC, sous les ordres du technicien français Gérard Houiller, le fin Michael Owen est associé au rustique Emile Heskey. En 2001, Liverpool revient au devant de la scène en raflant en moins de six mois tous les trophées présents sur son passage. Après la League Cup, que Liverpool remporte à Cardiff sans Owen (Houllier ayant préféré associer Heskey à Robbie Fowler), la FA Cup est longtemps dominée par Arsenal avant qu’Owen ne plante deux coups de poignards en fin de match. Quelques jours plus tard, à Dortmund, la Coupe UEFA est emportée face aux Espagnols d’Alaves au terme d’une finale au score anachronique (5-4). Enfin, après le Charity Shield, enlevé aux dépens de M.U. (2-1 dont un but d’Owen), les Reds se baladent à Monaco en super-Coupe face au Bayern Munich, où Owen inscrit deux buts à Oliver Khan. En fin d’année, le jeune attaquant parachève son chef-d’?uvre à Munich en inscrivant trois nouveaux buts à sa victime préférée, Oliver Kahn, lors du mythique 1-5 infligé à l’Allemagne sur ses terres.

Depuis son exploit à Saint-Etienne, Michael Owen est un titulaire indiscutable de la sélection anglaise. En 2000, lors de l’Euro en Belgique, son but contre la Roumanie (encore) est insuffisant pour empécher la défaite (2-3) et l’élimination au premier tour. Deux ans plus tard, une blessure l’empèche de donner sa pleine mesure lors de la Coupe du Monde 2002. Il provoque le penalty vainqueur face à l’Argentine, ce qui est toujours çà, et inscrit deux buts face au Danemark (3-0) et le Brésil (1-2). Son Euro 2004 est en demi-teinte. Il parvient à inscrire un but acrobatique en quart de finale face au Portugal et à l’origine de deux buts en matchs de poule, mais c’est à peu près tout.

Michael Owen a l’art d’être présent au jour J, ce qui est la marque des grands joueurs. Le jour où il inscrit son centième but en Premier League, c’est dans le cadre d’un hat trick face à West Bromwich Albion. Le jour de sa cinquantième sélection en équipe d’Angleterre, le 11 juin 2003, contre la Slovaquie, Sven Goran Eriksson lui confie le brassard de capitaine. Le jeune gamin de Chester ne se contente pas du symbole : il inscrit les deux buts anglais d’une partie pourtant mal engagée.

En 2003/2004, Michael Owen marque 19 buts en 38 matches. Après une période sans but, il revient en forme et termine la saison tambour battant. On l’imagine mal jouer ailleurs qu’à Liverpool. Pourtant, au cours de l’été 2004, alors que Liverpool congédie Houiller, on apprend non sans surprise que Michael Owen a rejoint le Real Madrid. Aujourd’hui, il tente tant bien que mal se se faire une place entre Raul, Ronaldo et autres Morientes.