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Time for heroes
Time for heroes
Richard N. - Article publié le mardi 6 novembre 2007
Grâce à la fortune et à la flamboyance de ses nouveaux propriétaires, Queens Park Rangers est en passe de redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : le club le plus rock’n’roll de Londres.

Queens Park Rangers a beau se traîner depuis le début de la saison dans les bas-fonds de la D2 anglaise, il n’en suscite pas moins l’intéret des médias. Le club londonien est devenu en septembre 2007 la propriété de deux hommes issus du monde de la Formule 1, l’anglais Bernie Ecclestone, big boss de la discipline, et l’Italien Flavio Briatore, patron de l’écurie Renault Sports. Investir dans un club à la ramasse tant sportivement que financièrement est un choix curieux, mais les deux hommes savent qu’on les laissera diriger à leur guise un club sans espoir plutôt qu’une top team de la Premier League.

QPR n’est pas le club le plus prestigieux de Londres. Il a été fondé dans les années 1880 [1], c’est à dire avant même West Ham ou Chelsea, mais il n’a découvert l’élite qu’à la fin des années 1960. Son premier trophée (et le seul à ce jour), le club l’emporte en 1967. Wembley accueille sa première finale de League Cup et voit les Rangers s’imposer 3-2 après avoir été menés 0-2 par West Bromwich Albion. Performance d’autant plus remarquable que Queens Park Rangers n’est alors qu’un club de troisième division. L’équipe est sublimée par les fulgurances du folk-hero local, Rodney Marsh, buteur prolifique (44 buts cette saison-là !) et émule de George Best, tant sur le terrain qu’en dehors. Egalement emmenée par Les Allen, Roger Morgan ou encore le capitaine Mike Keen, l’équipe de Alec Stock grimpe de deux divisions en deux ans pour découvrir l’élite en 1968. Et pour en redescendre aussitôt.

Ce n’est que dans les années 1970 que QPR s’intalle durablement au sein de l’élite anglaise. Le club forge sa légende autour de Stan Bowles, rockstar sur les terrains et flambeur notoire en dehors. Avec Bowles, mais aussi Gerry Francis, Franck McLintock, Don Masson et Ian Gillard, Queens Park Rangers est le club londonien des années 1970, et n’est pas loin de décrocher le titre en 1976. Le samedi 24 avril, les hommes de Dave Sexton remportent leur dernier match de la saison, 2-0 face à Leeds. Ils sont en tête du classement, mais Liverpool les talonne à un point, avec un match de retard à jouer à Wolverhampton. Le mardi 4 mai, les Wolves mènent 1-0 jusqu’à la 78ème minute. Plus que douze minutes et QPR est champion. Mais les Reds renversent la vapeur et s’imposent finalement 3-1. Ce sera la plus belle saison de QPR, celle qu’évoquent aujourd’hui encore les fans, même ceux qui, trop jeunes, n’ont pu vivre cette période.

Par l’attitude de ses joueurs, que la presse surnommait volontiers les mavericks, QPR attire dans les tribunes de Loftus Road une faune bercée par les premiers riffs du mouvement punk made in London. On y croise Glen Matlock, guitariste des Sex Pistols, et Mick Jones, celui des Clash. Robert Smith, futur chanteur de The Cure, tombe également amoureux du club [2], tout comme le compositeur Michael Nyman. Aujourd’hui, la flamme est entretenue par Pete Doherty. L’ex-Libertines connait tout du club. Ado, il a rédigé un fanzine à la gloire du club, "All quiet on the western avenue". Plus tard, il proposera de composer la chanson du club, lequel refusera, allez savoir pourquoi.

Après le titre raté, QPR s’illustrera dans ses premiers pas européens en atteignant les quarts de finale de la Coupe UEFA. Puis l’équipe s’étiolera peu à peu pour retomber en deuxième division en 1979. La renaissance passera par une finale de FA Cup en 1982 (perdue face à Tottenham au replay) puis une remontée en 1983. S’en suivront treize années de présence continue dans ce qui deviendra la Premier League. Le club atteindra la cinquième place en trois occasions, mais ne brillera pas par sa stabilité. De nombreux managers se succéderont pour diriger pléthore de joueurs. Sur le plan européen, l’histoire a surtout retenu l’une des défaites les plus honteuses de l’histoire du foot british : 0-4 à Belgrade face au Partizan... après l’avoir emporté 6-2 à l’aller.

QPR est redescendu en 1996 et depuis, a même passé trois années en League One (D3). Ces dernières années l’ont vu creuser les déficits et parfois glisser dans le fait divers sordide. Depuis 2006, l’actualité de QPR, c’est : un président italien braqué dans son bureau par des gorilles armés jusqu’aux dents ; un jeune joueur du club de quinze ans assassiné à sa sortie du collège ; un match amical contre l’équipe olympique de Chine interrompu par une bagarre aussi violente que minable ; un espoir du club, Ray Jones, dix-neuf ans, fauché dans un accident de voiture... L’arrivée des princes de la F1 a dans l’esprit des fans mis fin à la descente aux enfers. Les deux hommes ont effacé une ardoise de quelques vingt millions d’euros et s’apprêtent à investir le double dès le prochain mercato. Les nom de Alessandro Del Piero et de Gianlucca Vialli ont circulé avec insistance. De fausses rumeurs qui ont toutefois donné la couleur de l’avenir : Azzurro. Le nouveau patron a fait venir des dirigeants italiens, notamment des proches du sinistre signore Moggi, et a remplacé le coach John Gregory par Luigi De Canio, ancien entraîneur de Sienne.

Le 8 octobre 2007, Flavio Briatore a assisté à son premier match dans les tribunes de Loftus Road. Fidèle à son habitude, le patron de Renault Sports n’est pas passé inaperçu. A ses cotés, Naomi Campbell et d’autres créatures du même acabit ont inauguré la rubrique people du stade. L’objectif de Briatore est d’emmener QPR en Premier League d’ici quatre ans. Le pari est fou, mais le nouveau patron est optimiste : "Lorsque j’ai débuté chez Benetton, j’avais dit que nous serions champion du monde dans les cinq ans, on l’a fait."

[1] Le blason indique 1882 comme année de création du club, mais la vérité s’approcherait de 1885 ou 1886. En fait, le club est issu de tellement de fusions qu’on est incapable d’en définir le point de départ. Le club a adopté le nom de Queens Park Rangers en 1887.

[2] voir notre article Throw your foot.

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