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Two nil and you f.. it up !
Two nil and you f.. it up !
Fromelh - Article publié le vendredi 28 septembre 2007
Hibernian-Gretna le 11 août 2007, deuxième journée du championnat écossais, fut un match dont peu de témoins se sont remis. La preuve, plus d’un mois après, on en parle encore.

Le mois d’août, et sa croisée des chemins. Les départs en vacances et les retours au travail. Embouteillages sur les autoroutes de France. Mes amis et moi choisissons l’Ecosse, une nouvelle fois, pour fuir le piètre championnat de France et les plages surpeuplées. Avec, pour commencer le voyage sous les meilleurs auspices, un match de Premier League écossaise. Revoir cette équipe qui nous avait tant plu l’été dernier : les Hibernians d’Edimbourg, l’équipe réputée pour pratiquer le plus beau jeu du pays, sous son entraîneur précédent, parti coacher à West Brom et remplacé par l’ancien monégasque John Collins.

Une victoire en coupe à leur actif, HIbs reprend son championnat la semaine précédant notre départ par un derby contre l’éternel rival, Hearts. Les Verts l’emportent facilement 1-0 sur la pelouse de leur ennemi lituanien, sans Scoot Brown, Kevin Thomson, ou encore Ivan Sproule, Chris Killen, Shelton Martis, tous partis sous d’autres cieux, plus ou moins glorieux.

Ce samedi 11 août, Hibs affronte Gretna, nouveau venu sur la scène de l’élite écossaise, qui ressort d’une déroute « à domicile » contre Falkirk. On réussit à dégoter des places plutôt sympa, entre la famille du gardien belge et les jeunes du centre de formation. Le chemin vers le stade s’est fait dans une marée de maillots, écharpes et survêtements aux couleurs du club. L’East End vibre pour Hibs. Le stade se remplit très tard, comme à l’accoutumée. Les rares supporters de Gretna ayant fait le déplacement depuis la frontière sont déjà là. Easter Road laisse à tous ses visiteurs d’un jour l’impression d’une superbe enceinte, ses trois tribunes imposantes et son kop, sur la largeur du terrain, simple terrace, mais dont les chants résonnent jusqu’à l’autre bout du stade. Le décor est magique. A droite, la mer, et les mouettes qui survolent la pelouse pendant les matches, spectatrices privilégiées. A gauche, les collines qui surplombent la capitale écossaise.

Les joueurs arrivent pour l’échauffement. Rob Jones, le capitaine de l’équipe et devenu l’an passé très rapidement la mascotte des supporters pour son engagement total, sera sur la pelouse. Guillaume Beuzelin que nous avons connu à ses débuts en Ligue 2, également. Beaucoup de nouvelles têtes par rapport à l’an passé et la victoire des Verts sur Motherwell. Merouane Zemmamma, le joueur qui nous avait fait la meilleure impression, un monstre de technique, une inventivité sans fin, un joueur qui s’amuse comme on aimerait en voir plus souvent, sera sur le banc. Ca n’a pas l’air de lui plaire, et il fait semblant de s’échauffer pour le montrer, s’attirant les foudres de Captain Jones. Tête contre tête, les deux joueurs s’expliquent. Pour nous, habitués aux joutes aseptisés de la Ligue Orange, le match est lancé.

En face, les joueurs de Gretna, emmenés par McMennamin, l’ancien Scousie, et Fabian Yantorno, l’uruguayen fraîchement arrivé, comptent sur leur solidarité pour s’en sortir. Ils en auront besoin au vu des premières minutes de jeu, outrageusement dominées par les locaux, sur une pelouse détrempée. Pourtant, on sent la défense de Hibs fébrile, et rapidement, sur un malentendu entre Hogg et Gathuessi, Yantorno en profite, et tente sa chance une première fois. L’avertissement ne suffira pas, et une minute plus tard, alors que Gretna sort de sa torpeur, Yantorno, encore lui, est fauché à l’entrée de la surface, suite à son une-deux avec son Murray. Une faute peu évidente en réalité, d’autant que l’uruguayen en rajoute. Le public gronde à l’énoncé du verdict. Au lieu du carton jaune attendu pour simulation, c’est un coup franc qui est accordé. Yantorno se fait justice lui-même, et un silence d’effroi parcourt le stade. 1-0 pour les hommes de Brookes Mileson, le milliardaire aux dents longues. A partir de ce moment, rien ne va plus pour Hibs. Au jeu technique et léché de d’habitude, aux passes courtes et précises, succèdent un festival de longues balles sur Benjelloun, seul en pointe, ou de frappes molles, quand ce ne sont pas des passes bottées en touche. Gretna place consciencieusement ses contres, et Hibs bafouille son football. Le public est vexé, et le fait savoir. Quant à nous, c’est la surprise qui prédomine, et l’incompréhension devant la tactique employée, un 4-5-1 inefficace avec McCann, un latéral, en milieu récupérateur, et le portugais Morais, sur le côté droit, qui ne trahit pas la réputation de ses compatriotes. Un peu juste tactiquement, très douillet, et surtout nonchalant. Sur le banc se morfondent Fletcher, passeur lors du premier match, et Zemmamma, le génie de l’équipe.

Soit. La première mi-temps n’a pas été à la hauteur, surtout après le remplacement du capitaine, Rob Jones, par l’allemand Joneleit, sur blessure à la 38è minute. Qu’à cela ne tienne, la seconde mi-temps s’apprête à dérouler son scénario incroyable. Devant nous, le neveu de Ma Kalambay le gardien de Hibs commente les exploits de son oncle. Il vit le match intensément, comme nous. Les espoirs du club, eux, endimanchés, se contentent d’un simple « They’re playing shite » comme commentaire.

Les deux équipes reviennent sur la pelouse. Fletcher fait son apparition à la place de Morais. Collins a choisi de passer en 4-4-2, et jette dans l’arène son attaquant vedette aux côtés du marocain Benjelloun, qui a fait l’essuie-glace toute la première mi-temps. Derrière, rien n’a changé, et l’abesence du grand Jones se ressent immédiatement. Quatre minutes de jeu, et McMennamin profite d’une perte de balle du gardien devant son défenseur central, pour marquer dans le but vide le deuxième but de son équipe. La poignée de supporters de Gretna exulte. Ils mènent 2-0 sur la pelouse de Hibs, candidat à une place européenne cette année. Les locaux ne perdent pas espoir, mais le public s‘impatiente. Beuzelin réalise un match plein, mais n’est pas assez sollicité par ses partenaires. Murphy est impeccable sur son côté gauche, mais ses compères de la défense tâtonnent.

Une minute plus tard, corner pour Hibs. Main, penalty, Easter Road recommence à y croire. Benjelloun s’avance, et frappe mollement, plein axe. Trop facile pour le gardien. Nous enrageons. Le kop n’en croit pas ses yeux. John Collins décide alors de donner sa chance à Zemmamma, enfin. Le match bascule alors. Il reste une demie-heure à jouer, et on se contenterait bien d’un match nul.

Gretna recule, définitivement. C’est leur jeu, mais contre Hibs, c’est risqué. Deux minutes à peine après le pathétique penalty, sur une transversale de Boozy le frenchie, Fletcher part côté gauche, élimine deux défenseurs, joue en relais sur Benji, et centre-tire. Zemmamma au second poteau, réduit la marque. Cris de joie. Hibs en retrouve son football, petit à petit. Les passes redeviennent limpide, le placement sans faute. Sur une touche côté gauche, Beuzelin, de plus en plus présent au milieu de terrain, récupère le ballon dans la surface, le long de la ligne. Fletcher égalise de la tête sur son centre. Les joueurs de Gretna sont effondrés, et le gardien enrage. Il reste vingt-cinq minutes à jouer, et tout est à refaire pour les promus. L’espoir renaît au contraire pour les verts de gagner la rencontre. Ils poussent, pendant un quart d’heure. Ils ont effectué tous leurs changements, et les traits du visage se tirent. La fatigue arrive. Gretna fait rentrer un milieu de terrain pour contrer les assauts formidables du marocain Zemmamma. On se demande comment Hibs pourra survivre sans lui pendant la CAN.

On entre dans les dix dernières minutes de jeu. Evidemment, on aimerait que ce moment ne se termine jamais. Les chants font vibrer, et le football rêver. Coup franc aux trente mètres. Zemmamma écarte ses coéquipiers. « Il est pour moi » semble-t-il leur dire. Boum, but. 3-2. L’incroyable s’est produit. Parce qu’ils se sont mis à jouer leur jeu, les protégés de Collins ont repris l’avantage, sans que cela ne suscite l’étonnement. Ils auraient du remporter ce match dès le début, par quatre ou cinq buts d’écart, la faute à une tactique étrange et des joueurs mis sur la touche, à une défense fébrile, et une pelouse glissante.

Rassasiés, satisfaits, le match n’est pourtant pas fini. McCann récupère le ballon dans les pieds de Skelton, le latéral de Gretna et l’autre meilleur joueur du match pour les visiteurs, après Yantorno. Il lui reste une moitié de terrain à parcourir, seul, sans soutien et deux défenseurs à ses trousses. Il leur résiste, arrive devant le gardien adverse, jamais à l’aise de tout le match, et l’ajuste du droit pour conclure le match de la plus belle des manières.

Six buts marqués, quelques superbes moments de football, un scénario idéal (Nick Hornby n’aurait pas renié ce qualificatif), et de grands souvenirs. C’est sûr, on reviendra un jour. De nos disputes sur lequel de deux clubs de l’Old Firm remportera le championnat cette année, il ne reste plus rien. Hibs fait à nouveau l’unanimité. S’ils pouvaient être champions, le beau jeu en sortirait vainqueur. Pas si fréquent aux pays des Neil Lennon et Gordon Strachan.

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