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Sympathy for the Devils

Manchester United remporte le championnat d'Angleterre 2006-2007. Presque une habitude.

Sympathy for the Devils
Yann Rush & Richard N - Article publié le vendredi 11 mai 2007
Les Red Devils de Manchester ont emporté leur seizième titre de champion d’Angleterre. Ils ont démontré que le jeu avait encore sa place dans une Premier League de plus en plus soumise aux lois du business.

On avait cru, lorsque Manchester United fut racheté en juin 2005, que plus rien ne serait comme avant. Le club serait endetté, les joueurs quitteraient le navire un à un et ses entraîneurs valseraient plus souvent qu’à leur tour. Or, il faut bien constater aujourd’hui que rien n’a changé à Manchester : le club demeure dans le gotha des plus riches du monde, la marque MU se vend aux quatre coins du globe, Sir Alex Ferguson est toujours le patron de l’équipe et les Red Devils sont Champions d’Angleterre.

Rien n’est moins illogique que ce retour aux premières loges. Lorsqu’il avait senti son équipe vieillir, Ferguson avait pris le parti de recruter de jeunes joueurs, quitte à perdre une ou deux saisons, plutôt que de recruter de bons joueurs. Exit Beckham, Butt, le cadet Neville, Keane. Welcome Rooney, Ronaldo, Evra... Bref, comme au début des nineties, le sorcier écossais a préféré instiguer une politique sportive efficace à moyen terme, plutôt que de s’embarquer dans une gestion à court terme, forcément aléatoire. Bien lui en a pris. Manchester United est champion d’Angleterre pour la seizième fois de son histoire. Et s’il n’a pu aller au bout de son parcours en Champion’s League, c’est sans doute pour avoir plus ou moins consciemment privilégié le titre national qui lui échappait depuis quatre ans.

Comme souvent, Manchester United a principalement brillé par son collectif, riche et bien huilé. Un joueur toutefois s’y est particulièrement distingué : Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro. La saison de l’ex-otarie portugaise, de l’ex-Denilson en devenir, de l’ex-individualiste forcené, a été complète. Débutée sous forme de pari avec Sir Fergie, celle-ci s’est achevée par une double récompense individuelle, élu à la fois meilleur joueur et meilleur jeune de la Premier League. La défaite en demi-finale de la C1 lui coûtera peut-être le Ballon d’Or 2007, mais s’il maintient le même niveau de performances, il est un lauréat probable du trophée dans les années à venir.

Le duel entre Manchester United et Chelsea a été le fil rouge du championnat 2007. La saison des Blues, distancés d’entrée par les Red Devils, est similaire à celle de leur rivaux : à la lutte pour le titre toute la saison, défaits en demi-finale de la Champions League, et finaliste de la Cup. Cette dernière permettra d’ailleurs à l’un des deux clubs de faire le doublé : Chelsea a déjà remporté la League Cup. Mais, même si John Terry soulève la Cup du haut des 107 marches du nouveau Wembley, la saison de Chelsea restera négative. Abus de biens ne nuit pas, sauf à Chelsea. Construit à grands renforts de roubles, le club londonien a fini par être pris à son propre jeu. Le grand tort est sans doute d’avoir imposé à son entraîneur deux joueurs que celui-ci ne voulait pas spécialement. Michael Ballack et Andrei Chevchenko ont en effet été achetées par Roman Abramovitch dans un but plus décoratif que réellement technique. Résultat, la présence de l’Ukrainien au front de l’attaque aura eu pour seul bénéfice de booster son compère Didier Drogba. Et celle de l’Allemand au sein d’un entrejeu peu complémentaire (Lampard, Makelele et Essien) voire décimé (Robben, Cole) aura suscité de nombreuses interrogations. Des tensions sont nées dans le vieux couple que formaient Abramovitch et Mourinho. Le départ de l’entraîneur portugais est souvent évoqué. Sans doute emmènera-t-il ses secrets avec lui. Auquel cas l’ère Chelsea serait déjà de l’Histoire.

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Manchester United et Chelsea n’ont affiché que très peu de faiblesses, contrairement aux deux autres comparses du big four, Arsenal et Liverpool. L’équipe d’Arsène Wenger, rapidement privée de Thierry Henry, son élément moteur, s’est montrée trop tendre pour prétendre inquiéter les deux monstres. Mais si elle parvient a conserver ses éléments et lorsqu’elle aura définitivement trouvé ses marques dans son nouveau stade, si également son entraîneur retrouve un peu de self-control, elle pourra réellement se mêler à la course au titre. Liverpool aura été quand à elle une véritable équipe de coups. Bien que portée par le talent d’un immense Steven Gerrard, elle ne tient décidément pas la distance sur la longueur d’un championnat. Les Reds savent par contre afficher suffisamment de coeur pour tenir un résultat et assurer la présence anglaise en finale de Champion’s League. L’avenir des Reds dépend désormais de la politique sportive qu’adopteront les nouveaux propriétaires du club.

Car ce fut bien le fait majeur de la saison 2006-2007 du foot anglais : les investisseurs venus de l’étranger. Jusqu’alors, Fulham, Chelsea, Portsmouth et Manchester United faisaient figures d’exception. Aujourd’hui, ces clubs passent pour des précurseurs. Tour à tour, Aston Villa, West Ham et Liverpool sont tombés dans le panier de boursicoteurs plus ou moins concernés par le foot, en attendant qu’Arsenal, Manchester City, Tottenham ou Newcastle subissent le même sort. Parmi tous ces clubs rachetés, le cas de West Ham est le plus symptomatique. Pris en otage par les intérêts divergents d’éventuels acheteurs, le club a subi plus qu’il n’a bénéficié du double transfert surprise des argentins Tevez et Mascherano. Ces arrivées, dont les conditions précises sont toujours voilées d’un grand mystère, ont déséquilibré l’équipe et perturbé les plans de l’entraîneur, qui a finalement perdu sa place. A la lutte pour le maintien depuis le début de la saison, le club londonnien pourrait finalement se maintenir grâce à la fin de saison tonitruante de... Carlos Tevez. Upton Park n’est plus à un paradoxe près.

Les autres clubs de Premier League n’ont pas connu la même exposition médiatique. Watford a rapidement montré ses limites et a été reconduit à la frontière. Charlton, à qui l’on prédisait pourtant un bel avenir, a complètement manqué sa saison. Malgré l’arrivée de Alan Pardew, le club londonien va devoir retourner dans le purgatoire. Le troisième condamné sera soit West Ham, selon la forme de Tevez, soit Wigan, qui démontre que la saison la plus difficile d’un promu est souvent la deuxième, soit Sheffield United, qui démontre avec Watford que la première n’est pas simple non plus. Reading est le promu qui aura le mieux appréhendé sa découverte de l’élite, en terminant à une très belle huitième place.

Dans les grandes lignes, il est probable que le classement 2008 ressemblera à celui de cette saison, à quelques unités près. Derrière le big four se placeront les traditionnels suiveurs qui rêvent de Champion’s League sans jamais y accéder : Tottenham, Everton et Bolton, avec une réserve pour ces derniers, qui ont quand même perdu leur charismatique manager Sam Allardyce. Ce trio devrait être inquiété par un peloton de clubs qui ne manquent pas de moyens, mais dont les performances ne sont pas toujours au rendez-vous : Blackburn, Portsmouth, Aston Villa, Newcastle, Manchester City, voire, à un degré moindre, Middlesbrough, Reading et Fulham, et pourquoi pas Birmingham ou le Sunderland de Roy Keane.

La mutation que connait la Premier League et l’intérêt que suscitent ses clubs auprès des grands noms du classement Forbes, pourraient toutefois bouleverser ces pronostics. Ce qui rendrait notre championnat préféré beaucoup moins prévisible et, du coup, encore plus passionnant.

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