archives kick'n'rush
TELEGRAPH . FIGURES . HISTORY . FICHES CLUB

My Heart Goes Bang
My Heart Goes Bang
Richard N. - Article publié le dimanche 8 avril 2007
De tous ces patrons venus d’ailleurs pour diriger les clubs britanniques, le lituanien Vladimir Romanov est certainement le plus farfelu. Ses méthodes dictatoriales pourraient bien conduire Heart of Midlothian à sa perte.

C’est en héros que Vladimir Romanov débarque en 2004 à l’ouest d’Edimbourg. Heart of Midlothian, le club vieux de 130 ans, est alors criblé de dettes et son board ne voit pas comment les honorer, sinon en vendant le Tynecastle Stadium à des promoteurs immobiliers. Bien sûr, les supporters ne voient pas ce projet d’un bon oeil et réclament qu’une autre solution soit choisie. C’est alors que Vladimir Romanov entre en scène. Récent actionnaire du club, le Lituanien fait part de son intention de devenir rapidement majoritaire afin prétend-t-il de sauver le club et son stade.

Vladimir Romanov a fait fortune lors des premières années d’indépendance des Pays Baltes, en fondant notamment la première banque privée lituanienne, Ukio Bankas. Au pays du basket roi, Romanov préfère le football. Il finance le club de Kaunas FBK, mais aussi un club biélorusse, le FC MTZ-RIPO de Minsk. En Ecosse, après avoir approché Dundee United et Dunfermline, il est accueilli à bras ouverts par Hearts. Il accède à la présidence en janvier 2005 et fait saliver son monde en annonçant de nombreux renforts et en affichant l’ambition de méler le club à la course au titre, chasse gardée des deux géants de Glasgow depuis vingt ans. Les premiers renforts du club ne sont pas des grands noms : Trois joueurs lituaniens, Barasa, Cesnauskis et Mikoliunas, lesquels sont toutefois accueillis avec enthousiasme.

A la fin de la saison 2004-2005, Romanov fait un état des lieux. Hearts à terminé à la cinquième place d’un championnat à douze équipes, loin derrière Hibernian et Aberdeen. Trop médiocre pour Romanov qui éjecte aussitôt l’entraîneur John Robertson, une figure locale pourtant intouchable. Celui-ci est remplacé par George Burley. Romanov s’active ensuite sur le marché des transferts : Neuf joueurs de tout horizon débarquent dans la capitale écossaise parmi lesquels le grec du Benfica Panagiotis Fissas, le Français Julien Brellier (perdu à l’Inter Milan), le Tchèque de l’OM Rudi Skacel, et un Lituanien, un de plus, Edgaras Jankauskas, champion d’Europe en 2004 avec Porto. Aucun n’a été choisi par l’entraîneur, tous ont été recrutés par Romanov.

Toujours est-il que la méthode marche. Hearts démarre la saison 2005-2006 en trombe et aligne huit victoires en huit matches. On se pince pour y croire : Hearts en tête de la Scottish Premier League ! L’entraîneur George Burley pourrait fanfaronner en conférence de presse, mais il a du mal à cacher son exaspération : Non seulement Romanov a fait le recrutement, mais il impose son point de vue sur la composition du onze de départ. Martelons bien cette évidence avant de poursuivre le récit : Romanov n’est pas homme à déléguer. Il paie, donc il dirige. Un peu à l’instar de notre Bernard Tapie national, il méprise sans l’avouer le rôle de l’entraîneur, lequel n’est à ses yeux qu’un élément du folklore, un homme à casquette chargé de distribuer les bouteilles, au mieux un fusible à faire sauter quand gronde le peuple. Même invaincu après dix journées, même en tête du classement, un entraîneur qui râle est un entraîneur qu’on vire. George Burley est donc remplacé par Graham Rix. Cinq mois plus tard, ce dernier se fera virer à son tour. Bienvenue dans l’univers particulier de Vladimir Romanov.

En octobre 2005, l’expéditif lituanien commence à faire le ménage dans les coulisses du club. Plusieurs dirigeants à l’accent écossais trop prononcé prennent la porte, de gré ou de force. Les nouveau dirigeants qu’il place sont de jeunes lituaniens aux dents longues, parmi lesquels Roman Romanov, le fils de son père, qui accède à la présidence. Romanov place en effet son fils à la tête de Hearts comme il a placé des hommes de paille à Kaunas et à Minsk. Il est bon de ne pas fâcher les messieurs de l’UEFA qui interdisent le contrôle de plusieurs clubs par la même personne.

Dans le vestiaire, la contestation s’organise. En février 2006, le capitaine Steve Pressley rencontre Romanov pour lui faire état des inquiétudes des joueurs quand à la gestion de leur club. Romanov prend note, puis ses premières mesures : il vire Graham Rix, non pas à la demande des joueurs, mais parce que l’ancien Gunner ne jouait pas suffisamment son rôle d’oreille du boss dans les vestiaires. Il est remplacé par un compatriote plus malléable, Valdas Ivanauskas. Sur le terrain, le début de saison prometteur a tourné au vinaigre. Le Celtic en a profité pour prendre une confortable avance au classement et les Jambos s’efforcent surtout de ne pas se faire rattraper par les Rangers. L’équipe de Ivanauskas parvient à se positionner pour disputer le tour préliminaire de la Ligue des Champions, objectif premier de Romanov, et remporte la Scottish Cup non sans avoir connu quelques frayeurs en finale face à Gretna.

L’ambiance n’est pas au beau fixe pour autant. Romanov fait régner sa loi jusque dans les vestiaires. Julien Brellier se voit ainsi invité à rester sur le banc, sans raisons particulières sinon que le patron a demandé à faire jouer les recrues du mercato hivernal. Le défenseur Andy Webster est quand à lui écarté du groupe pour avoir refusé une prolongation de contrat. L’enthousiasme solidaire du début de saison a laissé place à une drôle d’ambiance où les joueurs les plus en vue cherchent avant tout à partir. Webster rachète sa dernière année de contrat pour filer à Wigan, et Rudi Skacel préfère rejoindre George Burley à Southampton.

En 2006-2007, Valdas Ivanauskas est confirmé au poste d’entraîneur, mais son effectif bouge beaucoup. De nombreux joueurs partent et Romanov recrute autant qu’il peut. Toujours pas de joueurs vraiment connus, mais un grec, un chilien, des Lituaniens... Encore et toujours des Lituaniens... Si seulement la SPL était un championnat de basket ! L’aventure des Jambos en Champion’s League tourne court. Après avoir sorti Sikori Brijeg, le champion de Bosnie, Hearts est éliminé par AEK l’Athènes après deux matches peu glorieux : Un expulsé à l’aller comme au retour, des buts encaissés dans les dernières minutes, et pour finir une déclaration fracassante de Romanov qui accuse l’arbitre du match retour de corruption...

En octobre 2006, une défaite face à Kilmarnock est l’occasion pour Romanov de s’en prendre à nouveau à ses joueurs. Ceux-ci ne se laissent pas faire. Trois joueurs organisent une conférence de presse, Paul Hartley, le gardien Craig Gordon et le capitaine Steven Pressley. Ce dernier prend la parole et dénonce l’anarchie qui règne au sein du club. Il accuse ouvertement Romanov d’être responsable de ce désordre et réclame un minimum de stabilité. Il est aussitôt exclu de l’équipe, sur le terrain comme dans les vestiaires, où le contingent lituanien commence à imposer ses points de vue. Pressley, huit ans de fidélité au club, rejoindra finalement le Celtic en décembre.

A la tête de l’équipe depuis six mois, l’entraîneur Valdas Ivanauskas a demandé à prendre du recul. Il est remplacé par un Biélorusse, Eduar Malafeev... qui ne reste que deux matches, tout deux perdus. John McGlynn, l’éternel adjoint postule au poste d’entraineur principal, mais il est viré à son tour avant même de pouvoir prendre ses fonctions. Motif : il signe des chroniques dans le Daily Records. Finalement, les Jambos sont dirigés dirigés par Eugenijus Riabovas jusqu’au retour de Ivanauskas trois semaines plus tard. Celui-ci quitte pour le bon le club en mars 2007.

Romanov, de son coté, poursuit ses déclarations tapageuses. Après avoir ouvertement soupçonné les arbitres de SPL "d’arranger certains matches", il s’attaque cette fois aux deux clubs de Glasgow, le Celtic et les Rangers, en les accusant de faire la pluie et le beau temps et de corrompre adversaires et arbitres. Bien sûr, lorsqu’il est sommé de s’expliquer devant la Fédération, Monsieur Romanov dément, les propos de Monsieur Romanov ont été déformés, Monsieur Romanov remercie Dieu de n’avoir jamais vu d’affaires de corruption en Ecosse...

Hearts termine quatrième de la SPL 2006-2007. Décevant pour un club qui rêve de Champion’s League. Vladimir Romanov, annoncé comme l’homme susceptible de relancer le football écossais, est aujourd’hui l’homme le plus haï du Royaume. Non seulement la Fédération et les clubs ne veulent plus en entendre parler, mais les supporters du club n’attendent que son départ. En espérant qu’il survienne avant que Hearts ne disparaisse corps et âme.

Telegraph

Strachanismes
Chelsea a le Blues
Leeds, grandeur et décadence
Les Underdogs de Bermondsey
L’Angleterre se fait plaisir
La défaite est en vous
L'Angleterre au stade de la lose
Cole for England !
Spanish Fever
Liverpool vs Manchester
Welcome to the Den
Faut-il vendre Manchester United ?
Les Abramoviques
C'est Byzance !
L’Angleterre vote pour l’Europe... au féminin
Génération Bolton
L’internarsenalisation en marche
L’angoisse du siège vide
Heart attack
Great Great Gretna
Le Old Firm est-il soluble dans la Premier League ?
Legends never die
Et maintenant, le monde...
Road to Wigan Pier
Jean-Vic Chapus / MON FOOT BRITISH A MOI
Chic la D2...
Vive le C.P.E. !
Sweet and tender football fan
Ellan Road / MON FOOT BRITISH A MOI
Tell me there’s a heaven
Xavier Rivoire / MON FOOT BRITISH A MOI
Wrong number
A prayer for England
L’Angleterre, championne du monde ?
Les Mondialistes du Royaume
Deux ou trois choses que je sais d’elles
Rêvons encore un peu
Pourvu qu’il pleuve
This boring game
Eriksson le glas...
Tevez and Mascherano are blowing bubbles...
A polish invasion
Sourya / MON FOOT BRITISH A MOI
Unhappy Birthday
I’m a loser
Birds of passage
Scilly or not Silly ?
Pilgrimage in the North West
Stand up for Wycombe !
Throw your foot
Wembley II, le temple de l’avenir
My Heart Goes Bang
Sympathy for the Devils
Da Pippo Code
Forty four days
Win when he’s singing
More Specials
Two nil and you f.. it up !
Heart and Spirit
Désespérantes Footwives
Ashburton smiles
London 0, USA 4
Time for heroes