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Stand up for Wycombe !
Stand up for Wycombe !
Hell Tel - Article publié le mardi 23 janvier 2007
Wycombe, vous connaissez ? Non ? Alors un petit tour au pub s’impose, juste avant un bon vieux match à couteaux tirés face au rival historique. Wycombe-Colchester 2001, souvenirs imbibés.

High Wycombe, petite bourgade située au nord ouest de Londres n’est en rien prédestinée à se retrouver sous le feu des médias. Pourtant, elle a été occasionnellement propulsée à la une des journaux nationaux, voire internationaux, ces dernières années. L’année 2006 restera notamment pour les habitants du coin celle où Scotland Yard vint interpeller quelques personnes suite à des présomptions de complot terroriste. Les habitants de High Wycombe auraient sans doute préféré que l’on souligne plutôt les exploits des Chairboys, les joueurs du Wycombe Wanderers Football Club, surnom hérité des ouvriers d’une fabrique de mobilier qui fondèrent le club.

Des exploits, à vrai dire, les supporters du WWFC n’en voient pas trop en championnat, leur équipe se hissant tant bien que mal autour de la sixième place de la League Two (D4). En revanche, deux récents coups de fusil en Coupe sont en train de conférer aux Wanderers une réputation de coupeurs de têtes, à l’instar de Calais en France. En 2001, les Chairboys parviennent jusqu’en demi-finale de la FA Cup, seulement battus (2-1) par Liverpool, futur vainqueur de l’épreuve. Cette saison, ils se hissent à nouveau en demi-finale, mais de la Carling Cup cette fois-ci, après avoir dompté Charlton en quart de finale (victoire 1-0 au Valley). En demi, la première manche de l’affrontement face à l’ogre Chelsea a déchaîné les parieurs anglais et s’est soldé par un très honorable match nul (1-1) à domicile.

Mais il ne s’agit pas ici de détailler le parcours du Tom Pouce méritant. En effet, il est plutôt proposé de plonger dans les profondeurs du championnat de League One (D3) en 2001, et éventuellement de sourire au récit d’un duel comme il en existe beaucoup de l’autre côté de la Manche.

Comment peut-on débarquer à High Wycombe en un samedi matin ensoleillé du mois de mai alors que l’équipe de football locale s’apprête à recevoir l’ennemi héréditaire : Colchester United ? Mon amitié avec Kev’, fan du WWFC n’est évidement pas étrangère à ma venue. Deuxième question : pourquoi une telle rivalité entre ces deux clubs dont les villes sont distantes de plus de deux cent kilomètres ? Apparement, tout commence au milieu des eighties : Wycombe WFC, toujours amateur, affronte Colchester United en FA Cup. A l’époque, le stade, petit et vétuste, est situé dans le centre-ville. Le nombre de spectateurs pour ce match de coupe est beaucoup plus important qu’à l’accoutumée et le public est entassé dans les tribunes. Fatalement, des troubles éclatent et les fans des deux équipes se rentrent dedans copieusement. Wycombe remporte le match et se qualifie. Fin de la première manche.

La deuxième a lieu dès le tour suivant. Wycombe rencontre Chelmsford, à vingt kilomètres de Colchester, et les fans de Colchester United s’allient à ceux de Chelmsford. Ils se rendent à High Wycombe le jour du match et sèment terreur et désolation dans le centre ville. Une solide animosité entre fans est née et va se prolonger à travers les saisons, d’autant qu’au gré des montées et descentes, les deux clubs vont se retrouver au même niveau de compétition, la League One, pendant quelques temps.

Nous voilà donc rendu au match retour de la saison 2000/2001 qui a lieu le 5 mai. Dès le matin, l’excitation est palpable dans toute la petite ville dont le cœur ne va battre que pour cet évènement toute la journée. L’achat des places pour le match à tarif réduit "student" n’est qu’une formalité malgré mes craintes. En effet, je ne suis plus étudiant et ne possède bien évidemment aucune carte mais Kev’ insiste : cela fait partie du jeu, il est absolument nécessaire d’obtenir le tarif réduit ! D’ailleurs, lui non plus n’est plus étudiant mais cet achat "on the jibe" ("à la resquille") est un passage obligé voire une sorte d’examen. La vendeuse du magasin de sport qui fournit les tickets de stade n’a vraiment pas été scrupuleuse, ma carte d’abonnement métro a fait office de carte étudiant et me voilà fièrement titulaire du précieux sésame.

La cérémonie rituelle d’avant match se poursuit au pub évidement ! Il n’est pas encore midi mais la plupart des hommes présents (quelques femmes aussi) dans ce "respectable" établissement nommé The Falcon semble déjà ivre. A notre arrivée, les visages se retournent, les yeux, parfois teintés d’agressivité, nous toisent. Pour mes acolytes français et moi (nous sommes trois), Kev’ est heureusement notre laisser-passer, presque notre bouée de sauvetage ! Rapidement, nous avons le sentiment que cette protection est obsolète : la bière a produit son effet euphorisant, nous nous adaptons facilement à la coutume, nous ajustons notre débit à celui de nos hôtes d’autant plus aisément que nous sommes bien entrainés !

Kev’ explique à la cantonade qui nous sommes : des amis en provenance d’une grande ville française ayant un club assez renommé, certains lads semblent impressionés mais surtout surpris (à juste titre !) de nous voir là. Toutefois, progressivement, l’atmosphère se tend, l’excitation monte à nouveau d’un cran. Cela n’a évidement plus rien à voir avec les trois inconnus présents avec Kev’, l’alcool aidant, nous sommes déjà familiers. Mais chacun d’entre nous a compris et sait pertinemment ce qui se passe : les portables crépitent, le ton des voix s’élève un peu plus, les questions échangées ne trompent pas : "How many of them ?" ("Combien sont-ils ?"), "Is there any old bill ? "("Il y a des flics ?"), etc...

En mon for intérieur, je pense : "This is England, tu as voulu y être, maintenant il va falloir assumer !". Un geezer (un glandeur) à casquette me lance sans détour une interrogation que je ne comprends pas tout de suite car phonétiquement çà a dû donner : "RR’ YA OP’FRREET ?". Kev’ me répète avec un sourire aux lèvres : « Are you up for it ?" ("Es-tu prêt ?"). Nous y sommes... Les supporters de Colchester approchent de High Wycombe.

Après quelques heures dans cette ambiance survoltée, nous saisissons avec un peu de soulagement (quand même !) que le rendez-vous peu recommandable qui se tramait avec le camp adverse va probablement avorter. Le coup d’envoi du match approche mais il est seulement temps de changer de Pub. Nous discutons musique avec un mate (un pote) de Kev’ et exposons toute notre science de la vague Mad’chester et Noisy Pop des 90’s (Happy Mondays, Stone Roses, Charlatans, Ride, etc...). A cet instant, nous avons définitivement gagné un certain respect.

Notre groupe s’entasse enfin dans plusieurs taxis en direction d’Adam’s Park, le stade est situé un peu à l’extérieur de la ville, au creux d’un vallon en contrebas d’un quartier résidentiel. J’ai la sensation que les bocages du Buckinghamshire commencent déjà tout près des tribunes. Compte tenu de notre taux d’alcoolémie, je ne suis pas sûr que nous soyons en état de bien comprendre le film du match qui vient de commencer alors que nous arrivons au pied du Syan Stand, le Kop en quelques sortes d’Adam’s Park. De toute façon, une difficulté se profile : les stadiers ne veulent pas nous laisser pénétrer dans l’enceinte malgré nos tickets. Nos dégaines peu élégantes d’ivrognes semblent les inquiéter, apparemment ils nous prennent pour des éléments de Colchester tentant de causer des troubles. Gavin, l’un de nos guides, leur explique qu’il est season’s ticket holder (abonné), cet argument, preuve à l’appui, ne les convainc pas complètement. Après quelques palabres, nous parvenons à nos fins.

Même si je m’y attendais, je constate avec enthousiasme que le stade de 10.000 places environ est plein à craquer. Les chants résonnent puissamment sous le auvent du stand. Des petits groupes épars entonnent spontanément un couplet qui est simplement repris par des milliers de personne. La gloire de Lawrie Sanchez, le manager d’alors, est célébrée à pleine poitrine par tout le stade et j’ai alors conscience pendant ces instants que ma passion, déjà ancienne, pour le football britannique se matérialise. Elle est palpable, mon pouls s’accélère, quelques frissons me parcourent. Kev’ nous apprend des paroles et les trois froggies reprennent en cœur les couplets.

Côté jeu, évidemment, des sommets techniques dignes de la Seleçao sont atteints... version Kick’n’Rush, bien entendu ! Peu importe, la bataille est rude sur le pré, question de suprématie et de rivalité. C’est alors que, pendant la seconde mi-temps, des hurlements déchirent soudain l’espace et contrastent violement avec le silence qui s’est abattu dans notre tribune. A l’autre bout du stade, les away fans (les supp d’en face) exultent : Colchester vient d’ouvrir le score. Quelques gaillards ont franchi les panneaux publicitaires et sont déjà sur la pelouse, les bras levés.

Bien que j’observe depuis le début du match avec curiosité la composition de cette tribune visiteurs, je réalise alors, qu’elle n’est vraiment pas composée par le fan club de Mickey. La rencontre se poursuit sur le même rythme dans le plus pur style britannique et fort heureusement, nous avons l’opportunité de connaître l’explosion du stade, peu avant la fin, Wycombe égalise sur un coup de pied arrêté confus évidemment.

Les chants se font plus soutenus pour porter les Chairboys vers une victoire inespérée mais plus rien ne se passe sur le terrain... jusqu’à après le coup de sifflet final. En effet, c’est à ce moment que Gavin nous invite à satisfaire à un nouveau rituel qui consiste à se ruer sur le terrain (pitch invasion), bravant ainsi une interdiction formelle. Gavin met instantanément son plan à exécution, il est suivi par Julien, le plus téméraire (ou plutôt le plus éméché) des trois visiteurs français. Les envahisseurs de pelouse se laissent maîtriser rapidement et pacifiquement par des bobbies qui les relâchent à l’extérieur du stade. Nous les retrouvons et nous nous mêlons à la foule qui évacue le stade et chemine calmement le long de la route qui rejoint le centre ville. Quelques chants retentissent encore comme pour se donner rendez-vous au prochain match.

Notre planning prévoie un départ rapide de High Wycombe pour passer la soirée à Londres mais nous n’échappons pas à la pint de bière d’après-match qui est, pour ma part, très difficile à terminer. La légende urbaine dit que les fans les plus énervés de Colchester auraient bravé l’encadrement de la police pour s’arrêter pendant le trajet retour en train dans une gare afin de retourner vers Wycombe en taxi ! Selon Kev’, qui nous a relaté ces faits, quelques temps après cette journée, il ne semble pas que leur intention ait été d’offrir des verres à leurs alter-ego.

A cette heure avancée de la soirée, fort heureusement, nous étions déjà à l’Electric Circus à Londres voguant vers d’autres aventures...

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