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Birds of passage
Birds of passage
Richard N - Article publié le lundi 4 décembre 2006
De drôles d’oiseaux venus de contrées lointaines se posent sur la Premier League. Peu à peu, le phénomène inquiète les tenants de la tradition. Le foot anglais serait-il en train de perdre son âme ?

On se souvient de cette info à la fin de l’été 2005. Kia Joorabchian avait annoncé qu’il souhaitait s’offrir un club anglais. West Ham, ou bien Aston Villa. Confusion avec les maillots ? Pas vraiment. En fait, Mister Kia, patron de Media Sports Investments (MSI) et de diverses autres sociétés, président également des Corinthians de Sao Paulo (Brésil), souhaitait tout bonnement investir dans un club de foot européen. De préférence un nom connu qui rechercherait de l’argent frais. Situé de préférence en Angleterre, où les lois économiques sont un peu plus souples qu’ailleurs. Les deux clubs cités firent savoir qu’ils n’étaient au courant de rien... mais qu’ils étaient ouverts à toute discussion. On constatera plus tard qu’il étaient bien tous les deux à vendre. Cette annonce, quelque mois après la bruyante concrétisation de l’O.P.A. sur Manchester United, soulignait surtout la nouvelle voie qu’empruntait le football d’outre Manche.

En Angleterre, les clubs de foot ont pour la plupart vécu grâce à l’investissement d’un nabab local qui "payait onze imbéciles pour en calmer dix mille" [1]. Les clubs n’ont jamais bénéficié, comme en France, de subventions municipales, ni supporté un système démocratique façon "socios" en vigueur dans les pays latins. En 1983, Tottenham Hotspur élargissait le champ de ses ressources économiques en émettant des actions en bourse. Le foot s’ouvrait désormais aux règles de l’économie et l’on se félicitait, à l’époque, de cette "volonté de transparence". De nombreux clubs, et pas seulement en Angleterre, suivirent l’exemple des Spurs. Malgré tout perdura outre-Manche l’image de clubs gérés avec rigueur, souvent par un milliardaire venu soutenir le club de son enfance. Cela allait de la pop-star Elton John avec Watford jusqu’au producteur TV Richard Murray avec Charlton, en passant par Mohammed Al-Fayed qui renfloua le Fulham Football Club. Même si l’intéret de ce dernier suscita quelques interrogations, l’affaire, perçue comme une excentricité de plus, fut plutôt accueillie avec le sourire.

Depuis, les sourires ont un peu jauni. Roman Abramovitch, en 2003, se paie Chelsea. Deux ans plus tard, c’est l’Américain Malcolm Glazer qui s’offre Manchester United. Non contentes de s’emparer de deux clubs majeurs de la Premier League, les deux fortunes les retirent du Marché, les mettant ainsi à l’abri de toute autre convoitise. Les objectifs des deux nababs sont toutefois très différents l’un de l’autre : si le Russe se sert de Chelsea pour écouler son argent de poche, l’Américain compte utiliser United pour arrondir ses fins de mois. Depuis, le foot anglais, et même britannique, est devenu la nouvelle mode des fortunes de ce monde. En 2005, le club d’Edimbourg Heart of Midlothian a été investi par le lituanien Vladimir Romanov. En 2006, Aston Villa est devenu la propriété de l’américain Randy Lerner. Au même moment, le Portsmouth FC, jusqu’alors détenu par l’américano-serbe Milan Mandaric, est racheté en 2006 par Alexandre Gaydamak, businessman aux multiples passeports et fils d’un trafiquant d’armes recherché par toutes les polices du monde. En novembre, West Ham United (après s’être vu offrir deux vedettes argentines par un inconnu qui lui voulait du bien) est racheté par un consortium islandais, dirigé par Eggert Magnusson, par ailleurs président de la Fédération Islandaise de Foot.

Drôle d’ambiance sur la Premier League. Alors que des voix commençaient à s’élever à propos de l’internationalisation des effectifs et la perte d’identité des équipes, le débat prend une toute autre proportion avec ces boards principalement composés d’étrangers. Au delà de l’aspect nationaliste de la question, l’interrogation se porte principalement sur les motivations de ces nouveaux investisseurs. Pour le "modèle Américain" (Manchester United, Aston Villa, West Ham...), pas ou peu de doutes : ces clubs sont des affaires achetées dans le but de les revendre un jour, et certainement pas au rabais. L’objectif est donc moins de remporter des trophées que de vendre des maillots [2]. Selon eux, la Premier League est appelée à devenir une sorte de NFL ou de NBA du soccer [3] : un championnat fermé composé de franchises détenues par des milliardaires. Un championnat dirigé par une télévision qui dicte ses lois, starise les joueurs et exige un maximum de spectacle. Un championnat si exigeant pour les joueurs que le dopage est institutionnalisé pour ne pas dire légalisé.

Du coté des "Russes", l’inquiétude est autre. A l’image de Chelsea, les clubs sont devenus dépendants de leur président-mécène, au point de mettre en péril leur survie en cas de départ. Nul n’ignore que le double champion d’Angleterre, malgré son train de vie, accuse un déficit d’environ 200 millions d’euros. Mais alors qui paie les joueurs ? Au Brésil, la société MSI (celle qui voulait s’offrir West Ham) est déjà propriétaire des Corinthians de Sao Paulo, et Kia Joorabchian y a imposé un fonctionnement bien à lui. Sa société détient 20% de chacun des joueurs qui étaient au club avant son arrivée. Et 80% de ceux achetés par la suite. En clair, les joueurs n’appartiennent plus au club, mais à une société, voire à un seul homme. Celui-ci, on l’a vu, a pu disposer des Argentins Tevez et Mascherano, deux joueurs des Corinthians qu’il a envoyé à West Ham, sans que l’on ait bien compris les conditions de ce transfert. A priori, le club brésilien n’a pas touché grand chose...

D’autres investisseurs étrangers ont des vues sur la Premier League. Liverpool, qui cherche de l’argent pour construire un nouveau stade, racole activement des investisseurs étrangers [4]. Et combien de clubs se déclarent prêts à se vendre à des investisseurs venus des States ou de Russie, mais aussi de Chine ou de quelque émirat. Le foot, comme l’économie libérale qui dicte aujourd’hui notre vie quotidienne, n’a que faire de la morale. L’argent, d’où qu’il vienne et pour peu qu’il soit en quantité, est un sésame qui ouvre bien des portes. La société britannique est aujourd’hui en majorité convaincue que seul compte l’enrichissement personnel, et peu importe les moyens. On dit que les pays d’Europe copient toujours les Etats Unis avec dix ans de retard. Le foot anglais est dans les temps.

[1] Réplique piquée au film "Coup de tête" de Jean-Jacques Annaud

[2] L’exemple récent du Real Madrid laisse toutefois un espoir : le club galactique a démontré à ses dépens qu’il était dangereux de mépriser l’aspect sportif

[3] Les Tampa Bay Buccaneers et les Cleveland Browns, deux franchises de foot US, sont d’ailleurs les propriétés respectives de Glazer et Lerner

[4] On parle de l’Américain George Gillett, patron de la franchise de hockey de Montréal

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