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I’m a loser
I’m a loser
Yann Rush - Article publié le mardi 28 novembre 2006
Finaliste de la Ligue des Champions, de la Coupe du Monde, quatrième de Premier League la saison passée et second au classement du Soulier d’Or, Thierry Henry termine cette année civile avec une troisième place au classement du Ballon d’Or. Méritait-il vraiment mieux ?

Comme Michael Ballack en 2002, Thierry Henry est le grand perdant de l’année. Il a en effet eu la malchance d’être le seul joueur à perdre les deux grandes finales de l’année. A propos de la saison d’Arsenal, les avis divergent. Les Gunners ont enfin réalisé une Ligue des Champions digne de leur rang, en accédant à la dernière marche. Paradoxalement, leur parcours en championnat fut médiocre. Pour la première fois depuis la saison 96-97, l’équipe franco-anglaise n’a pas terminé à l’une des trois premières places du classement. Elle ne fut même jamais en mesure de rivaliser avec Chelsea pour le titre. Pire, c’est l’ennemi juré Tottenham qui menaçait de lui prendre le dernier strapontin qualificatif pour la Champions League à venir. Cette quatrième place insignifiante mais si rémunératrice fut néanmoins obtenue lors de la dernière journée, suite à une intoxication alimentaire de la moitié de l’effectif des Spurs.

Et Thierry Henry, dans tout ça ? Parfait, comme souvent. Vingt-sept but en trente deux rencontres de championnat, et cinq buts lors de ses onze matchs européens. Soulier d’Or en 2004 et 2005, il fut cette année devancé par Luca Toni. Peu importe. Brillant sur le sol anglais depuis des années, il manquait à Henry un beau parcours dans cette Coupe d’Europe qui se refusait à lui. Le premier tour fut une formalité, avec notamment cinq victoires des Gunners lors des cinq premiers matchs. Puis ce fut le Real Madrid. Un seul but d’Henry (et quel but !) qualifia Arsenal pour le tour suivant. Le Frenchie marqua également face à la Juventus en quarts. Une victoire à l’arrachée face à Villareal ouvrit les portes de la finale à Arsenal. Ironiquement, cette finale prenait place au Stade de France, à quelques kilomètres des Ulis, lieu de naissance du francilien d’origine antillaise.

C’est effectivement aux Ulis qu’il fit ses premières armes. Il intégra ensuite, dès l’âge de treize ans, l’Institut National du Football à Clairefontaine, première étape de son parcours doré. Passer par l’INF ne prédispose en rien le fait de devenir plus tard joueur professionnel, et, dans le cas présent, encore moins d’être l’un de ses plus dignes représentants. Mais cette école des champions reste un élément incontournable des réussites françaises récentes, en donnant à ses dispensaires des bases qu’on ne trouve que difficilement ailleurs. C’est pendant ces années dans les Yvelines, entre treize et quinze ans qu’il s’engage pour l’AS Monaco. Il y apprend le métier aux côtés de Sonny Anderson. Il y a pire. Le reste du parcours est connu. Il quitte Monaco pour la Juventus où il est utilisé milieu de terrain, et est sorti de cet enfer par Arsène Wenger, qui le repositionne instantanément en attaquant axial.

La finale, donc. De fait, ce match intervient au terme d’une longue saison pour les différents acteurs de cette rencontre. Qui a un jour entendu Wenger connaît le problème : les joueurs Anglais n’ont pas de trêve hivernale. Henry a, ce soir-là et pour la première fois de sa carrière, l’occasion de remporter un trophée international en étant le leader de l’équipe. Ce n’est pas lui faire injure de dire que les trophées obtenus en 1998 et 2000 portent plus le sceau de Zidane, Deschamps ou Blanc que celui d’Henry, malgré son statut de meilleur buteur bleu dans ces deux tournois. La finale, enfin. Henry est passé à côté du match. Il eut l’occasion d’ouvrir le score en début de première mi-temps. Manqué. Suite à l’expulsion de Lehmann, il se retrouva esseulé devant et courut dans le vide jusqu’au coup de sifflet final. Certes, il déposa le ballon sur la tête de Campbell pour le but des Gunners, mais c’est bien Samuel Eto’o, auteur du but égalisateur, qui sortit vainqueur moral du match.

En repensant à cette Champions League, on ne pouvait alors s’empêcher de repenser aux compétitions d’Henry avec l’équipe de France. De ses trois buts en 1998, mais trois buts inscrits au premier tour. De ses trois buts également lors de l’Euro 2000, mais dont aucun ne fut décisif, laissant le soin aux vieux (Djorkaeff qualifiant les Bleus pour les quarts et demies finales, et Zidane auteur de deux buts lors de ces matchs) de porter l’équipe sur leurs épaules. La Coupe du Monde 2002 fut un calvaire pour Henry, expulsé face à l’Uruguay et ne pouvant ainsi empêcher ses coéquipiers de sombrer face au Danemark. On se remémore également cette tête face à la Grèce, au Portugal. Là encore, on retrouva Henry incapable de faire basculer le destin de l’équipe de France. Zidane parti, on attendait d’Henry qu’il prenne enfin en main les Bleus, mais il faudra pourtant que Zizou, après une année de transition difficile pour l’EDF, revienne, pour que la Weltmeisterschaft devienne réalité. Au crédit d’Henry, notons ce but face à l’Irlande, décisif pour la qualification.

La Coupe du Monde 2006, dans la lignée de sa saison européenne 2005-2006, va voir Henry briller, marquer, à trois reprises. Mais, de nouveau, Vieira, sauveur de l’équipe face au Togo, Ribéry, auteur du but égalisateur face à l’Espagne, crucial pour la suite de la compétition, et Zidane, génial à partir de ce match, devancent sans doute Henry dans les bilans individuels en fin de compétition. Idem, même quand le Gunner marque le but décisif face au Brésil, c’est Zidane que l’on encense après le match. Henry manquerait-il de charisme ?

Paradoxalement, Thierry Henry semble payer sa régularité au très haut niveau. Il marque régulièrement, et semble aussi motivé pour affronter Sheffield United que le Real Madrid. Pour un coach, Henry est le joueur idéal. On l’imagine se couchant rarement après 22 heures une veille de match, arrivant toujours en avance à l’entraînement, repartant après les autres etc. De mémoire, on ne se souvient pas d’une blessure d’Henry. Oui, l’Antillais est le joueur parfait. Mais ne l’est-il pas justement trop ? Son match plein face à Wigan ne lui pèse-t-il pas finalement dans les jambes au moment où il se présente en face à face avec le gardien de Barcelone au Stade de France ? Le raccourci est rapide, mais ce ne sont pas les petits matchs de Premier League qui feront la légende d’Henry. Qui se souvient aujourd’hui des dix derniers matchs de Zidane avant la finale de la Ligue des Champions 2002 ? En revanche, quel amateur de football ne se souvient pas de cette reprise de volée victorieuse ? Choisir ses matchs, pour être présent dans les grands rendez-vous : c’est concrètement difficile à mettre en œuvre, mais par là passe le gain d’un trophée individuel comme le Ballon d’Or. Ronaldinho, l’an passé, gagne sans doute ce trophée lors d’une prestation époustouflante à Bernabeu. Pas contre Alaves ou Séville la semaine précédente. Mais revenons à Londres.

Arsenal possède, avec Manchester United, le plus beau palmarès anglais de ces dix dernières années. Le club de Londres a remporté deux titres sous l’ère Henry, ainsi que trois Cups. Mais il est amusant de constater que ce n’est pas lui qui marqua le but décisif pour le gain de ces deux titres de champion, et qu’il ne scora dans aucune des quatre finales de Cup qu’il ait eu à jouer (2001 : défaite face à Liverpool. 2002 : Victoire des Gunners face à Chelsea, buts de Parlour et Ljungberg. 2003 : victoire face à Southampton, but de Pires. 2005 : victoire face à Manchester United, Vieira marquant le tir au but décisif.) Idem pour les finales jouées avec l’équipe de France, à l’exception peu notable de la Coupe des Confédérations 2003.

Thierry Henry est-il un grand joueur uniquement dans les petits matchs ? Son passé plaide malheureusement en cette faveur. Et il ne tient qu’à lui d’inverser cette tendance, pour qu’il puisse enfin remporter un jour ce Ballon d’Or, que son talent mérite. Sans aucun doute.

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