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Unhappy Birthday
Unhappy Birthday
Yann Rush - Article publié le lundi 6 novembre 2006
Rien ne fait sans doute plus plaisir à Ferguson que, à l’occasion de cet anniversaire, son équipe soit en tête de la Premier League. Il se dit "dégouté" que quelques journalistes aient pu évoquer sa retraite proche. Sir Alex est éternel.

6 novembre 2026. New Trafford. Là, dans ce stade flambant neuf, dernière folie du fiston Glazer, Sir Alex Ferguson, 85 ans, reçoit l’ovation des 120.000 spectateurs présents avant le choc face à Millwall, double champion en titre. On fête ce soir là le quarantième anniversaire de l’arrivée du manager légendaire au club. Il est encore présent dans toutes les têtes, ayant quitté le club il y a seulement cinq ans, au soir d’une troisième victoire personnelle en Ligue des Champions.

Stoppons là cet episode de foot-fiction (quoique...) et reprenons l’histoire depuis le début. Alexander Chapman Ferguson est né à Glasgow, côté Rangers, le 31 décembre 1941. Attaquant honnête, il passe professionnel en 1964, quand il rejoint Dunfermline. Il y passe trois bonnes saisons et attire alors l’attention de ses héros d’enfance, les Glasgow Rangers, qui le signent pour £65.000, record pour l’époque. Des performances moyennes l’envoient ensuite à Falkirk, puis Ayr, où il y termine sa carrière. Vous nous excuserez de ne pas approfondir davantage ces dix années passées sur les terrains. Mais c’est pour sa position à quelques mètres à peine de ceux-ci qu’il sera un jour anobli par la Reine, et non pas pour ses performances en tant que joueur.

Il entame instantanément une carrière d’entraîneur. East Stirling, puis St Mirren, pendant trois ans. Il est renvoyé en 1978, pour incompatibilité d’humeur avec le chairman d’alors. Peu importe. Son bilan à la tête de St Mirren, club aux ressources limitées, est plutôt bon. Aberdeen en profite. Des dizaines d’entraîneurs en ont rêvé depuis vingt ans, mais lui seul a réussi à mettre à mal la domination sans partage des deux géants glaswégiens. Aberdeen devient l’équipe écossaise à battre aux débuts des eighties. Point final de cette domination, il remporte la Coupe des Coupes face au Real Madrid, en 1983. C’est la dernière fois qu’un club écossais a mis son nom au palmarès de la coupe d’Europe. Comme on peut s’en douter, les offres des clubs européens affluent, conscients d’avoir trouvés la perle rare. Arsenal, Barcelone, Tottenham. Trop loin. Manchester lui convient mieux. Il y signe le 6 novembre 1986, prenant la suite de Ron Atkinson.

Manchester United n’a alors plus rien à voir avec le club de Matt Busby, champion d’Europe dix-huit années auparavant. Ferguson reprend le club dernier de Premiership. A cet instant du récit, façon conte de fée, on aimerait vous dire que l’effet Ferguson se fait immédiatement sentir et que le club se met à remporter tous les matchs qu’il joue. Mais c’est très loin de la réalité. En janvier 1990, Manchester United est toujours dernier du classement. Les "Fergie out !" commencent à descendre des Terraces. Le doute s’installe. Bien que Martin Edwards, le chairman de l’époque, nie les faits, Ferguson fut probablement à un match de l’éviction en ce début de décennie. Un match de Cup. Face à Forest. Les fans de Manchester United, connaissant par cœur le palmarès du sorcier écossais, savent que les Red Devils remportèrent la Cup cette saison là. Et que le match décisif face à Nottingham Forest fut donc remporté. A l’arrachée, certes, mais remporté. Les années 90 commençaient bien.

Revenons là-dessus. Il est quasi-impensable aujourd’hui qu’un entraineur puisse rester en place pendant quatre saisons, dans un club du standing de Manchester United, en n’y gagnant aucun trophée. Ferguson renvoyé, on n’ose imaginer ce que seraient devenues les saisons suivantes. Puissent tous les présidents de club lire cet article.

Une coupe d’Europe la saison suivante, puis une League Cup en 1992 ne suffirent pas à rassasier les fans des Red Devils dont l’objectif premier était de remporter le titre. L’arrivée de Cantona changea la donne. Le Français aida le club à remporter son premier titre, après vingt-six années de disette, en 1993. Puis le doublé Cup-Championnat un an plus tard. Manchester manqua le titre d’un point en 1995 et laissa à Everton la finale de la Cup. Cantona, suspendu huit mois cette saison-là, revint la saison suivante et remporta un nouveau doublé.

On vit ces saisons là apparaître de drôles de gamins sur la pelouse d’Old Trafford. Et, si on peut accorder du crédit à Ferguson pour l’arrivée de Cantona à Manchester United, l’arrivée à maturité simultanée des gamins Neville, Beckham, Scholes, Butt, Giggs fut son coup de maitre. A propos de ce dernier, il raconte aujourd’hui : "Nous l’avons protégé comme un trésor. Ce qu’il était. Je peux honnêtement dire que la signature de Ryan justifie à elle seule tous mes salaires depuis mon arrivée au club." Ces arrivées permirent de pérenniser les premiers succès. Ryan Giggs, Gary Neville et Paul Scholes sont toujours au club, et pas pour rien dans la place de leader actuelle des mancuniens. La relève assurée, Cantona pouvait s’en aller tranquillement.

Fort de ses nombreux titres domestiques, Manchester allait se mesurer dorénavant à un autre challenge : succéder aux Busby Babes, vainqueur la C1 en 1968. Restreindre la victoire dans la Ligue des Champions 1999 à ces deux buts dans les ultimes minutes de Sheringham et Solskjaer serait malhonnête, tant Manchester avait survolé cette saison. Au terme d’un mois de mai unique dans l’histoire des Red Devils, la Cup (dont la demie-finale face à Arsenal reste inoubliable) et le championnat vinrent également cloturer sa plus belle saison en tant que manager.

2000 : Champion. 2001 : Champion. Ferguson, lassé de tout gagner, programma sa retraite. Il allait partir fin 2002, après avoir remporté la Ligue des Champions pour la seconde fois, chez lui, à Glasgow. Mais ça se passe de cette façon dans les films uniquement. Ferguson, vexé d’avoir loupé ce rendez-vous avez l’histoire, vexé de laisser Wenger récupérer tous les lauriers, décida de continuer. Douze années auparavant, son destin au club était entre les mains de son Président. Aujourd’hui, c’est lui qui décide. Quinze titres majeurs ont en effet changé la donne.

Il fit la nique à Wenger en 2003, devenant à nouveau champion, laissant le strasbourgeois dans son ombre pour la énième fois. Si l’arrivée de Cantona marqua le début de l’ère victorieuse du club, une chaussure lancée au visage de Beckham marqua la fin de celle-ci. Conscient d’être à la fin d’une époque, Ferguson agit de manière intelligente, se séparant de ses trentenaires encombrant et recrutant de jeunes joueurs prometteurs. Tout esprit sensé comprit que l’Ecossais préparait la suite. Comprit qu’il y aurait quelques saisons de flou mais, que, une fois les joueurs arrivés à maturité, Manchester allait gagner, de nouveau. Peut-être dès cette saison. On ne peut qu’applaudir cette gestion de son effectif. Là où Abramovitch accélère le processus en recrutant à coup de millions de roubles, Fergie construit son effectif sur plusieurs années. Ca lui a réussi dans la deuxième moitié des nineties. Ca lui réussira à nouveau.

De quoi se souviendra-t-on dans vingt ans, à propos du sorcier écossais ? De ses titres, forcément. De ses qualités de recruteur hors pair. De sa faculté de construire une équipe, touche par touche. De son soutien sans faille à Cantona lors de sa suspension de huit mois, et celui à Beckham après la Coupe du Monde en France. De ses mimiques lors de chaque occasion franche mancunienne. De sa haine de la défaite. Last but not least, on se souviendra surtout du jeu pratiqué par son équipe de Manchester.

De retraite. Il n’en est clairement plus question à l’heure actuelle. Il se pourrait même qu’il soit encore sur le banc, ce 6 novembre 2026, pour fêter ses quarante ans à la tête de Manchester United.

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