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Jean-Vic Chapus / MON FOOT BRITISH A MOI
Jean-Vic Chapus / MON FOOT BRITISH A MOI
Yann Rush - Article publié le lundi 6 mars 2006
Nous inaugurons aujourd’hui une série d’entretiens avec des fans de foot britannique. Cette rubrique m’ayant été inspirée par "Mes Disques à moi" de Rock & Folk, il était logique que ce soit l’un de ses rédacteurs qui la commence.

Jean-Vic Chapus, outre ses articles mensuels dans Rock & Folk, est rédacteur en chef de Newcomer, un magazine qui, selon l’auteur, est "une revue indie pop rock et spécialisée dans les très longs entretiens, les chroniques au lance-flamme et les photos noir et blanc d’un genre austère mais classe." Les derniers numéros ont eu comme couv’ Regina Spektor, the Rakes ou Cat Power (voir ci-dessous) et des articles sur Belle & Sebastian, Sufjan Stevens ou TV on the Radio. Bimestrielle, la revue est disponible dans tous les bons kiosques français... donc pas loin de chez vous.

Kick & Rush : Premier souvenir de football britannique ?

Jean-Vic Chapus : 1990. J’ai 14 ans. La coupe du monde en Italie. Je passe mes premières vacances hors de France. Irlande. Un échange avec une famille basée dans un bled nommé d’Enniscorthy. Je découvre les soirées dans les pubs entouré d’une fabuleuse tripotée d’ivrognes et de brutes locales à vibrer pour les matches du moment. Impressionnant. Même si j’ai honte vis à vis de mes hôtes scrupuleusement anti anglais je n’ai d’yeux que pour Gary Lineker. L’avant-centre de la sélection anglaise personnifie tout ce que j’aime dans le football : élégance, sang froid devant le but, altruisme, fair-play.

Meilleur(s) souvenir(s) ?

Le même séjour en Irlande. Un jour l’équipe de jeunes du coin propose au « french guy » de participer à un match contre une sélection composée, en majorité, des gamins du cirque installé dans le coin. Des gamins ! Hum ! A 14-15 ans tous sont déjà géants, taillés comme des armoires et portent la Doc Marteens ferrée au pied quand ils foulent la pelouse. Bref, je vais me faire démonter, c’est certain. Dès le lendemain on va bien se payer ma trogne dans les rues d’Enniscorthy en chantant « French guy is a pussy oï, oï, oï... » Finalement, pas du tout. Je me rappelle de la vélocité de Gary Lineker et je marque 3 sales buts d’opportuniste tant et si bien que notre équipe gagne la partie 5 à 2. Sur le bord du terrain quelques jeunes filles châtain me sourient avec insistance. Parmi elles une dénommée Sarah qui m’invitera à venir la chercher, dès le lendemain de cet « exploit », dans l’usine à fraises où elle travaille. Remerciements éternels au football, à ma carrure de crevette et à mes souvenirs de Gary Lineker pour mon premier amour de jeunesse.

Déjà été dans un stade britannique ?

Jamais. Genre de chose que je planifie toujours jusque dans les moindres détails avant de renoncer au pied du mur. Un de mes rêves d’enfant d’assister à une partie dans les antres d’Old Trafford ou Anfield Road reste donc... toujours un rêve d’enfant. C’est très bien d’avoir encore plein de rêves d’enfants.

Plutôt Liverpool ou Manchester ?

Au tout début c’était Manchester United pour Bryan Robson. Charisme indéniable. Très vite après j’ai su choisir Liverpool à cause de plein de choses aussi inévitables que la vélocité de John Barnes, la moustache de John Aldridge, la dentition à crever de rire de Peter Beardsley, les frasques de Robbie Fowler, la tête de gendre idéal de Michael Owen. Aujourd’hui encore c’est les Reds. Autant pour Steven Gerrard, vrai homme de devoir, que pour l’idée de vibrer pour la même équipe que des gens aussi géniaux que Ian Mc Culloch (Echo And The Bunnymen), Lee Mavers (The La’s) et James Skelly (The Coral). Et puis les musiciens de Manchester que j’aime (à l’exception de New Order) préféreront toujours citer les handicapés de City aux rupins de United. Faut il être snob pour formuler de telles âneries...

Liverpool enchaîne les coupes ces dernières saisons mais ne semble toujours pas en mesure de pouvoir rivaliser pour le titre. Ton avis sur le Liverpool actuel ?

A l’exception de Steven Gerrard et, dans une moindre mesure, Jamie Carragher aucun joueur du Liverpool actuel ne ferait tâche à Chelsea. Mercenaires sans grande envergure. Désolé d’avoir l’air réac mais ce club vend, peu à peu, son âme depuis le départ de Michael Owen.

Un mot sur le retour de Fowler au club ?

Toujours bon pour le folklore même si je crains que Benitez ne comprenne pas ce joueur génial aux réels besoins affectifs.

Quel joueur aimerais-tu voir évoluer un jour sous le maillot des Reds ?

Ma liste de noël donc. Voyons, voyons... Frank Ribéry, Roy Keane, David Beckham, Mario Yepes et David Trezeguet. Ca m’irait très bien. Oh et j’adorerai que ce grand romantique incompris de Vahid Halilhodzic entraîne les Reds.

Les clubs de Glazer et Abramovitch dominent la Premier League. En Ecosse, les Hearts de Romanov rivalisaient en début de saison avec les Old Firm clubs. Cette évolution est-elle inquiétante ?

Le football n’a jamais été, ni plus ni moins, qu’un reflet plus ou moins grossier des dérives libérales du monde. Il ne reste donc qu’un spectacle qui ne se justifie que comme tel. J’ai depuis longtemps renoncé à faire la révolution avec des footballers pour lancer le premier cocktail Molotov. Pour trouver encore moins d’engagement et de subversion dans les paroles comme dans les actes que chez ces andouilles de François Hollande et Nicolas Sarkozy il suffit simplement de passer un coup de fil à un footballer.

Des joueurs comme George Best, Robin Friday, Eric Cantona ou, à un degré moindre, Paul Gascoigne, peuvent êtres considérés comme des rock stars. Le football britannique est il rock’n’roll ?

Certainement plus qu’en France. Mais aujourd’hui c’est un rock de plus en plus formaté, de moins en moins fou. Dilué dans la politesse et les effets de manche. Plus Keane que les Libertines.

Justement, quel serait le joueur brit actuel le plus rock ?

S’il n’en reste qu’un je citerais Wayne Rooney. Admirable gros con, mochard, violent, consommateur compulsif de putes. Le prototype de l’abruti. Ce qui est toujours rassurant.

Qui serait pour toi le Coldplay/U2 de la Premier League ?

Tout ce qui forme l’ossature d’Arsenal irait très bien dans ce comparatif. Même lyrisme exagéré. Bonnes intentions mais vraiment cela n’est pas fascinant.

Les Sex Pistols de la Premier League ?

José Mourinho. Un des derniers personnages à me faire rire sincèrement. Roi de la manipulation, grand charmeur, brillant à l’oral avec l’œil légèrement psychopathe. J’adore ce type qui me rappelle autant Malcolm Mc Laren (manager des Pistols) que Tony Wilson (l’homme par qui Joy Division, New Order et Happy Mondays sont apparus).

Les Beatles de la Premier League ?

Peut-être le Manchester United période George Best et Bobby Charlton pour l’idée (forcément fausse) qu’on ne fera jamais mieux après.

Elton John est président du club de Watford. Pour l’intérêt de la Premier League, quel autre chanteur verrais-tu président ?

Pete Doherty à la tête de n’importe quelle équipe de Premier League cela aurait une sacré gueule quand même. Il y aurait des gestes insensés de classe puis des ratages retentissants. Des victoires par 15 buts à 0 et des mises à sacs de chambres d’hôtels. Des excès en tout genre et de la loyauté. Bref du romantisme, de l’accident, de la générosité. Tout ce qui manque actuellement au football.

Enfin, tu seras où quand Beckham lèvera la Coupe du Monde en juillet ?

Devant mon poste de télé. Réjoui que ce monde bêtement si méfiant et tellement donneur de leçon se rende compte, avec beaucoup de retard, que Beckham n’est pas qu’une gravure de mode. Il est surtout le joueur le plus au service de son équipe que l’Angleterre recense actuellement. Pas une diva, juste un grand joueur. Je déteste cette beaufitude ultime qui consiste à douter des capacités d’engagement d’un joueur sous l’unique prétexte « trop beau, trop gâté donc suspect »

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