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Legends never die

Article repris dans Les Cahiers du Football

Legends never die
Richard N. - Article publié le vendredi 25 novembre 2005
George Best est mort. Il avait illuminé le jeu de Manchester United à la fin des années soixante, remportant notamment la Coupe d’Europe en 1968, et le Ballon d’Or.

On appelle çà un aptonyme : un nom de famille prédestiné. George Best était bien le meilleur. Sans discussion possible le plus grand joueur venu d’Irlande du Nord. Peut-être de Grande Bretagne, voire du monde... Même le roi Pelé a concédé un jour que Georgie pourrait bien être son principal concurrent au titre illusoire de plus grand footballeur de tous les temps. Seulement, la carrière de George Best ne fut qu’une météore. A vingt-trois ans, il fut sacré champion d’Europe avec Manchester United. Il remporta en fin d’année le Ballon d’Or, trophée du meilleur joueur Européen. Tout alors avait été dit. C’était déjà le bout du chemin. Le reste ne sera que strass et paillettes, alcools et jolies filles. La une des tabloïds et les retards à l’entraînement. Les bars et les boîtes de nuit. La prison et l’hôpital.

Ses cheveux longs et sa gueule d’ange, son sourire et son regard malicieux déclenchait chez les filles des crises d’hystérie comparables à celle connues chez les Beatles. Les mecs appréciaient ses talents de footballeur, sa vivacité, la promptitude de ses démarrages balle au pied. Mais ils aimaient surtout son style, son maillot au dessus du short, ses chaussettes baissées, sa barbe de deux jours. George Best faisait sonner un larsen au milieu de la pop-song trop policée du foot des sixties.

En 1968, George Best avait tout : La jeunesse, le talent, la beauté, la gloire, le fric, les filles, les bagnoles... que demander de plus ? En finale de la Coupe d’Europe, il avait inscrit un but qui ressemblait à sa trajectoire : Dribblant ses adversaires un à un, il s’était retrouvé seul devant le but vide. Il a souvent raconté qu’à ce moment-là, il aurait aimé marquer d’une façon originale, s’allonger pour pousser le ballon de la tête, ou soulever le ballon pour marquer d’une aile de pigeon. Mais il ne l’a pas fait. Il s’est contenté de pousser le ballon du pied. Face à la cage vide, George Best avait tout : le but, la victoire, la Coupe, Wembley à ses pieds... que demander de plus ?

Après 1968, la vie de George Best ne sera qu’une longue représentation de sa Légende. Il s’est choisi une vie de rockstar, et une rockstar n’a pas peur de boire. Ses consommations le transformeront en un footballeur enrobé, ne distillant ses coups de génie que par intermittence, et le plus souvent au ralenti. Viré de Manchester, sa carrière se poursuivra par épisodes dans des clubs obscurs, lesquels aujourd’hui n’hésitent pas à le citer dans leur hall of fame. Le joueur a souvent déçu, tout comme l’homme, mais l’important pour beaucoup est d’avoir vu passer la Légende. Les crampons rangés, George continuera à entretenir son mythe. Il gagnera sa vie à publier des autobiographies, à monnayer ses interviewes, à entretenir sa réputation, bien aidé par les tabloids jamais avares en détails sordides.

George Best aura tenté plusieurs fois de freiner ses excès, de s’essayer à une vie normale, ennuyeuse et contraignante. Mais difficile de pointer aux alcooliques anonymes lorsqu’on s’appelle George Best. Impossible de se balader en ville sans qu’un admirateur vous propose un verre (que bien sûr on ne refuse pas), sans qu’une fille ne vous branche (ça ne se refuse pas non plus), sans qu’un hooligan ne vous provoque (un Irlandais ne se laisse pas faire), sans qu’un policier se glorifie de vous avoir serré pour troubles de l’ordre public.

George Best est devenue une icône magnifiée de l’Angleterre des sixties. Le Royaume Uni lui voue un véritable culte, tant par la nostalgie de ses dribbles enchanteurs que par fascination pour son déclin morbide. Son image occupe toute la pochette du premier album du Wedding Present, groupe du début des annés 1990, qui n’a donc jamais dû le voir jouer. Plusieurs films sont également consacrés à sa vie dissolue [1]. George Best est vendeur. Les tabloids sauront l’utiliser.

Même sa mort aura été mise en spectacle. A coup de communiqués tantôt rassurants, tantôt alarmistes, son agonie à l’hôpital Cromwell de Londres a été suivie pendant un mois et demi, au mépris parfois du secret médical. George Best a succombé à ses excès. Les légendes, dit-on, ne meurent jamais.

Paroles de George Best

J’ai dépensé 90% de mon fric dans la boisson, les filles et les bagnoles. Le reste, je l’ai gaspillé.

Si j’avais eu le choix entre marquer un but en pleine lucarne et me taper Miss Monde, j’aurais eu du mal à me décider. Par chance, les deux me sont arrivés.

Je n’ai réellement aimé que deux femmes dans ma vie. Malheureusement, ce ne sont pas celles que j’ai épousé.

J’ai connu Miss Canada, puis Miss UK, puis Miss Monde... Ma vie, finalement, est assez monotone...

J’arrête de boire, mais seulement quand je dors.

J’avais acheté une maison au bord de la mer. Entre chez moi et la plage, il y avait un bar. Je n’ai jamais vu la mer...

Il n’a pas de pied gauche, ni de jeu de tête. Il ne sait pas tacler et il ne marque pas beaucoup de buts. A part çà, il est parfait. (A propos de David Beckham)

[1] Parmi les plus connus, « Yesterday’s hero » de Neil Leifer (1979), « This boy’s story » (1992), « George Best » de Mary McGuckian (1999).

PS : lire également notre article : George Best, le cinquième beatle.

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