archives kick'n'rush
TELEGRAPH . FIGURES . HISTORY . FICHES CLUB

Heart attack
Heart attack
Yann Rush - Article publié le vendredi 30 septembre 2005
En Ecosse, une équipe d’irréductibles au nom bizarre refuse enfin l’ultra-domination des clubs glaswégiens. Découverte.

Cela fait vingt ans que le Celtic et les Rangers inscrivent invariablement leur nom au palmarès de la Scottish Premier League. Et cela fait vingt ans que l’adversaire principal de l’un est l’autre. Et inversement. Bizarrement, alors que tout espoir semblait perdu pour les vingt prochaines années, un club vient enfin chatouiller les "Glasgow Giants". Les huit victoires, en huit matchs, acquises depuis le début de saison, si elles n’augurent rien de ce qui pourra se passer par la suite, sont en tout cas rafraichissantes.

Un peu d’histoire pour débuter. Heart of Midlothian a été créé en 1874. Il existe de nombreuses anecdotes narrant la naissance du premier club de football d’Edimbourg. La plus populaire raconte que des garçons allaient jouer à la balle avec leurs pieds sur les terrains de la prison adjacente, la Tollbooth jail. Celle-ci était surnommée Heart of Midlothian, d’après le roman de Sir Walter Scott. A l’endroit ou s’érigeait la prison se trouve aujourd’hui un coeur. La légende veut qu’un crachat atterrissant au milieu du coeur porte chance à l’expéditeur.

Heart of Midlothian a évolué sur plusieurs terrains depuis sa création (Meadows, Powderhall) mais s’est vite posé à Tynecastle. Le club y joue depuis 1886. Entre sa création et le lancement du championnat écossais en 1890, Heart of Midlothian s’était déjà fait un nom, ou plutôt un surnom, Hearts, mais également des couleurs, transformant le bleu, blanc, rouge des débuts en marron dès 1878. L’équipe disputait des derbys avec son voisin Hibernian depuis 1875 (victoire 3-1 des Hearts cette année-là.) Si Hearts fait déjà des ravages au plan local (victoire 21-0 sur Anchor, en Birmingham Cup) les joueurs ont plus de mal loin d’Edimbourg (défaite 7-1 face à Darwen en 1896 lors de son seul et unique match de FA Cup.) Pour en terminer avec les anecdotes, Hearts est à l’origine de l’introduction du penalty dans le football écossais. Lors d’un match de Scottish Cup en 1891, un défenseur stoppa la balle de la main alors que celle-ci s’en allait au fond des filets. Après moultes palabres, la SFA décida d’accorder plus qu’un simple coup-franc aux adversaires.

Hearts s’imposa vite comme une des meilleures équipes écossaises dès la création du championnat en 1890. Elle remporta rapidement deux titres (1895 et 1897) et quatre Scottish Cups, celle de 1896 restant particulière car glanée contre Hibs. Ce fut la dernière finale jouée en dehors de Glasgow.

La période 1900-1950 fut en revanche beaucoup plus pauvre, en tout cas en ce qui concerne l’aspect sportif. Hearts se distingua en 1914 en étant la première équipe a servir son pays. 400 actionnaires et supporters du club joignèrent également le bataillon de Sir George McCrae. Sept joueurs trouvèrent la mort lors de la Grande Guerre.

Alors que le football prenait son essor en Grande-Bretagne, rien de notable ne se passait à Edimbourg. Et ce jusqu’en 1950, où, sous le managérat de Tommy Walker, le club entamait une boulimie de trophées, sept en neuf ans. Les "Marroon Boys" étaient emmenés par Alfie Conn, Jimmy Wardhaugh et Willie Bauld, le "Terrible Trio." Cette période reste à ce jour la plus prolifique des Hearts.

Il fallut ensuite attendre les années 80, et l’arrivée au club de Wallace Mercer, pour que les supporters des Hearts retrouvent le sourire. En 1985-1986, les Hearts furent même à sept minutes de remporter leur 5ème titre de champion d’Ecosse. La faute à deux buts d’Albert Kidd (Dundee), le Celtic, vainqueur 5-0 à St Mirren ce jour-là, empocha le titre qui tendait les bras aux Jambos. Des places d’honneur vinrent par la suite récompenser les Hearts (deuxième également en 92 sous Joe Jordan.)

Plus récemment, en 1998, après trente-six années passées sans glaner le moindre trophée, Hearts remportait la Cup, face aux Rangers. La saison suivante fut marquée par une longue lutte contre la relégation. Ces deux saisons résument finalement assez bien l’histoire singulière de Heart of Midlothian, balladé entre périodes de vaches maigres et périodes dorées. Troisième club dans la hiérarchie écossaise actuelle, Edimbourg, via les Hearts, frappe à la porte de Glasgow. Et ça pourrait durer...

Comment Heart of Midlothian en est-il arrivé là ? Un peu comme à Chelsea, la raison principale du succès actuel est du à un homme maitrisant l’alphabet cyrillique sur le bout de ses billets. Vladimir Romanov est lituanien. Multimillionaire, of course. A son arrivée au club, il annonçait vouloir glaner le titre dans les trois ans à venir. Il n’hésite pas, dès cette saison, à clamer haut et fort que les Jambos seront champions. Si à son arrivée, beaucoup de personnes ont ri de ces prévisions farfelues, peu en rigolent encore aujourd’hui. Les Hearts sont actuellement leader de SPL grâce à 8 victoires en 8 matchs. Ce début de saison est assez surprenant eu égard aux problèmes qu’ont connu le club récemment. Criblé de dettes (£20 millions) et sur le point de vendre Tynecastle pour s’exiler à Murrayfield, Hearts a de plus connu des difficultés sportives la saison passée, ne se qualifiant pas pour l’Europe. John Robertson, meilleur buteur du club de tous les temps, avait également été débarqué de son poste de manager au bout de six mois. Depuis l’arrivée de Romanov, outre la disparition de la dette et des difficultés sportives, il n’est plus question de quitter Tynecastle. Au contraire, le stade devrait bientôt voir sa capacité atteindre 25.000 places.

George Burley est l’autre nom associé à la réussite actuelle du club. Neuf nouveaux joueurs ont rejoint le club depuis son arrivée au mois de juin. Une de ces recrues, Rudi Skacel vient d’ailleurs de battre le record de John Robertson, marquant dans six matchs consécutifs. Force est néanmoins de reconnaitre que Burley n’est pour rien dans l’arrivée de la majorité des recrues. C’est ainsi Romanov, toujours lui, qui conclue lui-même les transferts et les prêts, grâce à son propre réseau de recruteurs en Europe. Il a ainsi recruté les champions d’Europe Panagyotis Fissas (Grèce, 2004) et Edgaras Jankauskas (Porto, 2004) ou encore le Brésilien Samuel Camazzola ou le Sénégalais Ibrahim Tall. George Burley, s’il l’accepte difficilement, serait assez malvenu de contrarier son patron après que Hearts ait connu son meilleur début de saison depuis 91 ans. "C’est une situation assez différente de ce que j’ai connu jusqu’à maintenant" admet Burley. "En tant que manager, vous adorez être associé à l’achat d’un joueur. Mais ça ne marche pas comme cela ici, car c’est lui (Romanov) qui, au final, met l’argent sur la table." Ca marche pour le moment. Du coup, toute (ou presque) la ville d’Edimbourg, sevrée de succès depuis les années 1950, se presse à Tynecastle. Le club a vendu 50% de Season Tickets supplémentaires cette saison et a du stopper sa campagne d’abonnement. Les fans des Hearts se déplacent également en nombre aux matchs à l’extérieur. Ils sont 5 à 6.000 à traverser l’Ecosse un week-end sur deux.

Heart of Midlothian ne concurrence pas seulement les Glasgow Giants sur les terrains de SPL, mais également au niveau du business. Le club va ouvrir, pour les fêtes, un superstore dans le centre d’Edimbourg. La boutique du club, située à Tynecastle est devenue trop petite pour faire face à la demande, surtout depuis les victoires récentes (victoire 1-0 sur les Rangers la semaine passée.) Les produits dérivés génèrent environ £1 million de revenus annuels pour le club. Le centre ville d’Edimbourg possédait déjà deux boutiques officielles, une pour le Celtic et l’autre pour les Rangers. La boutique d’Hearts devrait ouvrir sur George Street, Princes Street ou St James Centre, soit à quelques encablures des boutiques déjà existantes du Celtic et des Rangers.

Retour sur le rectangle vert : George Burley, moins enthousiaste que son boss admet que l’équipe actuelle est loin du niveau des deux Old Firm Teams, mais que sa progression est sans équivalence en Ecosse, et que le titre est envisageable à court terme. Après deux décennies de domination sans partage des clubs glaswégiens, de nombreux amateurs neutres de Scottish Premier League espèrent qu’il a raison.

Telegraph

Strachanismes
Chelsea a le Blues
Leeds, grandeur et décadence
Les Underdogs de Bermondsey
L’Angleterre se fait plaisir
La défaite est en vous
L'Angleterre au stade de la lose
Cole for England !
Spanish Fever
Liverpool vs Manchester
Welcome to the Den
Faut-il vendre Manchester United ?
Les Abramoviques
C'est Byzance !
L’Angleterre vote pour l’Europe... au féminin
Génération Bolton
L’internarsenalisation en marche
L’angoisse du siège vide
Heart attack
Great Great Gretna
Le Old Firm est-il soluble dans la Premier League ?
Legends never die
Et maintenant, le monde...
Road to Wigan Pier
Jean-Vic Chapus / MON FOOT BRITISH A MOI
Chic la D2...
Vive le C.P.E. !
Sweet and tender football fan
Ellan Road / MON FOOT BRITISH A MOI
Tell me there’s a heaven
Xavier Rivoire / MON FOOT BRITISH A MOI
Wrong number
A prayer for England
L’Angleterre, championne du monde ?
Les Mondialistes du Royaume
Deux ou trois choses que je sais d’elles
Rêvons encore un peu
Pourvu qu’il pleuve
This boring game
Eriksson le glas...
Tevez and Mascherano are blowing bubbles...
A polish invasion
Sourya / MON FOOT BRITISH A MOI
Unhappy Birthday
I’m a loser
Birds of passage
Scilly or not Silly ?
Pilgrimage in the North West
Stand up for Wycombe !
Throw your foot
Wembley II, le temple de l’avenir
My Heart Goes Bang
Sympathy for the Devils
Da Pippo Code
Forty four days
Win when he’s singing
More Specials
Two nil and you f.. it up !
Heart and Spirit
Désespérantes Footwives
Ashburton smiles
London 0, USA 4
Time for heroes