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Les Abramoviques

Cinquante ans après son premier titre, le Chelsea FC remporte son deuxième titre de champion d'Angleterre. Grâce au talent de son entraîneur José Mourinho. Et grâce à la fortune de son président russe Roman Abramovitch

Les Abramoviques
Richard N. - Article publié le samedi 30 avril 2005
Après les "Galactiques" du Real Madrid, les "Stratosphériques" du Milan AC, voici les "Abramoviques" du Chelsea FC, champions d’Angleterre 2005 et nouveau monstre du foot européen.

Le Chelsea Football Club a beau être un club désormais centenaire, il n’est jamais parvenu à se débarrasser de son image de club superficiel. En 1905, l’équipe a été montée de toutes pièces parce qu’il en fallait bien une pour occuper le stade qu’avaient construit les frères Mears à Stamford Bridge. Rapidement présent parmi l’élite, attirant un public nombreux, Chelsea n’a pourtant jamais fait figure de monstre du foot anglais. "Chelsea’s got no history" chante-t-on dans les tribunes d’Angleterre. Chelsea n’a pas d’histoire. On oublie presque qu’il a remporté un championnat en 1955, l’année de son cinquantenaire. Son public de yuppies, qui vont au stade en cravate pour voir un spectacle plus qu’une victoire des Blues, n’a rien arrangé à l’affaire. Club en toc d’un quartier chic, Chelsea court toujours après sa légitimité.

Il faudra attendre la fin des années 1990 pour voir les Blues s’installer durablement parmi les clients sérieux du foot d’outre-manche. De prestigieux entraîneurs-joueurs se succèdent - Glenn Hoddle, Ruud Gullit, Gianlucca Vialli -, tentant de rendre, selon le mot du rasta néerlandais, le football anglais plus "sexy". L’arrêt Bosman, dans les années quatre-vingt-dix, verra Chelsea recruter des joueurs de toutes nationalités, au point de débuter certains matches sans aucun joueur britannique. Peu de fans s’en émeuvent, puisque Chelsea gagne et, dans l’élan du magnifique Gianfranco Zola et du très jet-set Franck Leboeuf, le club londonien entame une sympathique collection de trophées, allant de la FA Cup (1997, 2000) à la défunte Coupe des Coupes (1998) en passant par la League Cup et la super Coupe d’Europe.

Dans le même état d’esprit donc, l’arrivée de Roman Abramovitch à la tête du club en 2003, si elle fit jaser ici et là, ne connut pas le même tollé qu’à Manchester United, par exemple, où les fans descendent dans la rue pour s’opposer à l’arrivée d’investisseurs trop puissants. Chelsea connaissait à l’époque quelques soucis financiers et cette raison suffisait aux fans du club pour accueillir le jeune milliardaire russe à bras ouverts. Le recrutement massif qui suivi son arrivée n’a pas arrangé l’image de Chelsea, d’autant que si les recrues étaient des joueurs de renom, il n’y avait pas vraiment de véritables "grands joueurs".

Dans le reste de l’Europe, l’arrivée d’Abramovitch s’est d’abord déroulée dans un climat de suspicion générale : D’où vient sa fortune ? Pourquoi s’intéresse-t-il à Chelsea plutôt qu’au Spartak Machin-chose ? Mais par la suite, peu de dirigeants des clubs européens ont réellement élevé la voix contre une éventuelle "concurrence déloyale". Après tout, il est plutôt sympa Abramovitch : Il ne la ramène pas, il se contente d’aller au match comme un simple supporter et on ne l’a pas encore vu fustiger l’arbitre ou l’adversaire. Il accepte les règles du jeu telles qu’elles sont fixées, et ne participe même pas aux séminaires du G-14. En outre, son chéquier arrange bien du monde : Dans un climat de crise économique, les présidents de clubs sont heureux de pouvoir vendre à bon prix quelques-uns de leurs joueurs, histoire de remettre leur trésorerie à flot. Le football européen poursuit donc son onéreux train de vie aux frais d’un concurrent peu dangereux.

Seulement, la donne a quelque peu changé depuis le début de l’année 2005. Abramovitch a certes doté Chelsea de mercenaires en short grassement payés, mais à la différence d’un Bernard Tapie ou d’un Fiorentino Perez, le Russe laisse son entraîneur travailler, ne lui imposant jamais de faire jouer untel ou untel. Cet entraîneur, c’est le portugais José Mourinho, considéré par beaucoup (à commencer par lui-même) comme le meilleur coach du monde. D’un conglomérat de stars plus ou moins confirmées, le Portugais est parvenu à extraire une équipe, une vraie. Mieux, malgré l’internationalisation de son effectif, Chelsea flatte l’orgueil patriotique en faisant briller des joueurs cent pour cent british : Franck Lampard, Joe Cole et le capitaine John Terry, élu Player of the Year.

En 2004-2005, Chelsea survole le championnat anglais, remporte la Carling Cup et impressionne l’Europe. Le petit monde du foot ne s’attendait sans doute pas à une telle réussite, et s’en agace un peu. C’est curieusement depuis que les Blues ont démontré leur véritable potentiel qu’ils essuient quelques tacles bien appuyés. Le huitième de finale de Ligue des Champions, remporté (4-2) face au FC Barcelone, a marqué les esprits. Mais c’est surtout le match aller, perdu 1-2 au Camp Nou, qui a fait jaser. Mourinho a accusé l’arbitre Anders Frisk d’avoir suivi les consignes du staff catalan. Par la suite, l’arbitre suédois a reçu des menaces de mort et a préféré mettre un terme à sa carrière. Une affaire dont s’est emparée l’U.E.F.A pour sanctionner le coach portugais.

Cette sanction a réjoui beaucoup de monde. Il est vrai que Mourinho agace. Son arrogance ferait passer Thierry Henry pour l’humilité faite homme. En finale de la Carling Cup, son index devant la bouche pour ordonner aux supporters de Liverpool de la fermer lui a valu une expulsion. Quelques semaines plus tard, l’affaire Frisk entérinée, l’inévitable Arsène Wenger a fait état de son irritation : "Je voudrai entendre une voix à Chelsea qui puisse dire ce que les dirigeants veulent vraiment en étant en Angleterre et comment ils comptent se comporter". Le coach d’Arsenal s’attaque aux "valeurs", ou plutôt au manque de valeurs, que défend Chelsea. De son coté, Alex Ferguson condamne les pratiques du club londonien qui contacterait ses futures recrues d’homme à homme sans passer par le club propriétaire... Les deux ennemis de la Premier League, qui faisaient le régal de la presse en se lançant quelques piques bien senties, ont décidé en ce début d’année de respecter un pacte de non-agression. Sans doute pour s’unir face au grand méchant loup.

Il en est ainsi des équipes grandies un peu trop vite au goût de certain. Toujours est-il que le club en toc est loin d’avoir remporté un championnat virtuel. Même si ton président dérange, même si son entraîneur irrite, le Chelsea FC 2005 fait quand même un beau champion d’Angleterre.

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