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Faut-il vendre Manchester United ?
Faut-il vendre Manchester United ?
Richard N. - Article publié le mardi 15 février 2005
La dérive du foot business atteint un point culminant avec la menace d’OPA qui plane sur Manchester United. Les fans se mobilisent autour d’Old Trafford, mais peut-être est-il déjà trop tard...

S’ils sont quelques uns à s’auto-proclamer club le plus riche du monde, Manchester United arrive souvent en tête des enquètes les plus sérieuses sur le domaine. United est bien, en terme économique, le club le plus rentable du monde. Cotée en bourse depuis 1991, la valeur de l’action MU a depuis été multipliée par treize. Les produits dérivés et les droits TV, notamment, ont fait le bonheur des nombreux actionnaires.

La légende de Manchester United s’est bâtie sur la catastrophe de Munich, en 1958, où périrent plusieurs jeunes destinés à devenir des joueurs de renommée internationale. Par la suite, l’équipe a été reconstruite par Matt Busby, l’entraîneur rescapé du drame, autour d’un autre miraculé, Bobby Charlton. Elle devint championne d’Europe dix ans après l’accident. Comme l’explique si bien Claude Boli dans son imposant bouquin "Manchester United, l’invention d’un club" [1], les dirigeants de MU ont su faire fructifier le mythe, à tel point que Busby lui-même s’était, peu avant sa mort, déclaré chagriné par les ambitions entièrement vouées au business de son club. S’il s’est souvent félicité d’être un précurseur en matière de football-business, United a peut-être tendu son propre piège. En poussant la logique économique jusqu’au bout, il a attiré dans son empire les rapaces financiers qu’il souhaite chasser aujourd’hui.

En septembre 1998, déjà, le magnat australien de la télévision Rupert Murdoch avait tenté une OPA [2] sur United. En vain. Sky, la chaîne TV de Murdoch, se contente aujourd’hui de posséder autour de 10% du club. Depuis quelques mois, Manchester United est l’objet d’une course financière. D’un coté, Cubic Expression, une société d’investissement détenue par deux milliardaires irlandais, John Magnier et J.P. McManus, propriétaires de chevaux de course, détient aujourd’hui 28% des parts du club (la législation britannique impose de lancer une OPA sur la totalité du capital du club dès que le seuil des 30% est dépassé). De l’autre, le milliardaire américain Malcolm Glazer, grignote jusqu’à environ un quart du capital de United, et tente actuellement de racheter le club, ce qu’ont poliment refusé les autres actionnaires. Pour l’instant...

A 76 ans, Malcolm Glazer est, selon le magazine Forbes, référence en la matière, la 278ème plus grosse fortune du monde. L’Américain dirige la First Allied Corp, une holding qui investit dans l’immobilier, le pétrole et autres bricoles. Sa richesse pourrait lui permettre de s’offrir le club, mais plutôt que de dépenser son propre argent (800 millions de livres pour s’offrir United), il préfère contracter un emprunt à la banque britannique NM Rothschild.

C’est bien ce détail qui a créé la révolte des fans de United. Un emprunt, ça se rembourse. Comment ? En vendant les joueurs, le stade, les trophées ? En augmentant les abonnements et tickets d’entrée ? En emmenant l’équipe dans des contrées lointaines où elle peut attirer un public plus nombreux [3] ? C’est ce que craignent les quelques 20.000 actionnaires minoritaires du club, regroupés dans l’association "Shareholders United", lesquels représentent environ 18% du capital du club.

Plus que Murdoch en 1998, Glazer cristallise les craintes mancuniennes. Quelques dossiers sur son compte ajoutent un peu d’eau au moulin. Lorsqu’il s’offrit l’équipe de Foot US de Tampa Bay, en Floride, Glazer promit de construire un nouveau stade, promesse rapidement envolée. Au contraire, il obligea la ville à financer ce stade sous la menace d’emmener son équipe dans une autre ville, pratique très courante dans le monde un peu particulier du sport US. On raconte également que Glazer est prêt à tout pour quelques dollars de plus, y compris d’expédier sa famille au tribunal pour une affaire d’héritage. Bref, dans l’esprit de tous, Glazer vient à Manchester pour "presser le citron" d’une affaire rentable.

L’homme d’affaire américain va-t-il jeter l’éponge devant l’hostilité de tout Manchester et les menaces qu’on lui adresse ? Un tel renard des surfaces financières n’est pas du genre à lâcher une affaire aussi juteuse, et aucune loi ne l’empêche de parvenir à ses fins. Ce qui menace United aujourd’hui peut menacer demain n’importe quel club entré en bourse, pour peu qu’il devienne rentable. De quoi faire réfléchir, entre autres, les fans de l’Olympique Lyonnais.

[1] "Manchester United, l’invention d’un club" de Claude Boli, éditions de la Martinière. Publicité complètement désinteressée sur un bouquin copieux et riche en infos, mais pour être honnête, un peu difficile à lire d’une traite.

[2] O.P.A : Offre Publique d’Achat. Demande officielle de la part d’une société, d’une personne ou d’un actionnaire, indiquant qu’il désire acquérir la majorité des actions d’une société. Cette demande est accompagnée d’une proposition de prix.

[3] Clin d’oeil à l’excellent roman "England England" de Julian Barnes (Folio), l’histoire d’un milliardaire qui achète l’Île de Wright pour en faire un gigantesque parc d’attraction sur le thème de l’Angleterre. Il fait ainsi déplacer sur l’ile le Big Ben, Buckingham Palace, les menhirs de Stonehenge et... Manchester United.

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