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Les Underdogs de Bermondsey
Les Underdogs de Bermondsey
Rip - Article publié le dimanche 23 mai 2004
Samedi 22 mai 2004, la 123eme édition de la finale de la FA Cup a vu Manchester United, maintenant onze fois vainqueur de l’épreuve, affronter Millwall FC qui jouait la première finale nationale de son histoire. L’occasion pour Millwall de montrer au monde entier qu’il est un club de football et pas un club de rencontre pour hooligans. No one likes us, we do care. Er,...do we ?

Qui l’eut cru ? Millwall jouera l’Europe la saison prochaine ! Il a suffi aux Lions de s’imposer 1-0 face à Sunderland entraîné par Mick McCarthy, une vieille connaissance du club, en demi-finale à... Old Trafford. Le seul acte de gloire à inscrire au crédit de Millwall jusqu’à présent et ce depuis 119 ans avait été de se hisser jusqu’à l’élite du football anglais en 1988, l’ancienne Division 1. Pour 2 saisons seulement. Millwall ne vivra donc jamais la naissance du Premiership. La saison 1995-96 le verra même s’en éloigner. Mick McCarthy, alors aux commandes du club et qui semble le réinstaller progressivement dans la bonne partie du tableau de l’actuelle Division 1, quitte le navire en mer, attiré irrésistiblement par la barre vacante de la République d’Irlande. Millwall ne s’en relèvera pas et dégringole aussi sec en Divison 2, pour y végéter 5 ans, jusqu’en 2001. Mais le pire est à venir. En 1996-97, les finances du club sont à l’image de leur niveau sportif , c’est à dire dans le trou. Le mort vivant échappe pourtant à sa disparition de la carte du football professionnel anglais grâce à l’intervention miracle d’une des fortunes d’Angleterre, Théo Paphitis, businessman spécialiste de la reprise de volée, qui a fait fortune dans la lingerie et l’imprimerie. Paphitis étant aussi accessoirement fan de longue date de Millwall FC, c’est l’aubaine. L’argent injecté par Paphitis sauve le club et il en prend naturellement la présidence.

Théo Paphitis n’aura alors de cesse de vouloir laver l’image du club, en combattant notamment le racisme dans l’enceinte du New Den, aidé les associations officielles de supporters fatigués par l’omniprésence de l’ombre des Buschwackers et autres vandales qui condamna l’ensemble des loyaux supporters de Millwall à la damnation éternelle. C’était le temps du Den de Cold Blow Lane, des dockers et des travées blanches. Le temps de la violence, du territoire à défendre et de celui à attaquer. Le triste temps de la baston du samedi après midi. L’apogée du "No one likes us, we don’t care, we are Millwall from The Den..." Les mémoires sont sélectives et elles se souviennent davantage des scènes d’émeute de Kenilworth Road en direct à la télévision lors Luton-Millwall en quart de finale de la FA Cup en 1985 que de l’engagement important de la communauté de Millwall FC dans des campagnes contre le racisme comme "Kick it out" et "Show racism the red card". Cette année encore Millwall FC participe financièrement à la dernière campagne mise en place par la Football Association, contre le racisme dans le football amateur. La campagne est donc inaugurée dans les quartiers difficiles et cosmopolites de la périphérie de L’Antre des Lions : Bermondsey et Lewisham. Le principe de la campagne est simple : Report Racism, 0800 085 0508. L’éducation par la délation. Un principe moins noble que la cause mais s’il permet au New Den d’accueillir plus sereinement les rencontres contre les clubs étrangers qui vont débarquer dans le South-East London la saison prochaine, alors pourquoi pas ? En mars dernier, s’est déroulé le derby le plus redouté d’Angleterre, Millwall-West Ham. Le score a plaidé en faveur de Millwall sur le terrain qui remporta la rencontre 4-1 (en manquant deux penalties !), mais aussi dans les tribunes, où les supporters de Milwall furent irréprochables dans l’enceinte du stade. Au contraire de ceux des Hammers qui menacèrent le bon déroulement de la rencontre en seconde mi-temps par de stupides provocations qui nécessitèrent l’intervention de la police montée, anti-émeute. Il reste que la théorie de la conspiration est de rigueur au New Den, attisée par le partage peu équitable des billets pour la finale de la Cup. Pourquoi United s’est-il vu attribué 14 000 billets de plus que Millwall pour la finale de Cardiff ? (38 000 contre 24 000). La raison officielle est que United draine plus de 65 000 supporters à chaque match à Old Trafford pour seulement 10 000 un samedi sur deux au Den. Un des arguments étant la crainte de voir trop de hooligans londoniens débarquer dans Cardiff qui n’en manque déjà pas, la police craignait en effet également les fans de City.

Souhaitons que ceux qui fantasment encore sur la violence des tribunes se contenteront d’aller voir "The Football Factory", l’adaptation du roman de John King qui vient de sortir dans toutes les salles britanniques. Quel timing... [1]

Sur la pelouse, la bande à Wise est loin d’être aussi "exemplaire" que ses fans. Emmenés par le meilleur ami de Dugarry, Kevin Muscat, Millwall a été mis à l’amende par la FA en plusieurs occasions, notamment lors de la demi-finale face à Sunderland qui a soudain a pris des tournures de pugilat. Pour la petite histoire, la mêlée éclata suite à une agression de Jason McAteer sur le genou de Muscat. Sanction financière contre Wise pour un match de championnat contre Sheffield United.

Kevin Muscat a donc brillé par son absence lors de cette finale. Tout comme Danny Dichio le vétéran, auteur de 7 buts en 15 matches cette saison et qui était suspendu, son appel ayant été rejeté. Dans le secteur offensif, Millwall a néanmoins pu compter sur ses autres vedettes, l’Australien Tim Cahill décisif dans les deux derniers tours de Cup, et Neil Harris qui approche la centaine de buts pour le club, sans succès. Il est vrai que Millwall n’a pas le jeu le plus excitant d’Angleterre et, on a pu le vérifier hier, possède quelques classes de retard sur Manchester United. Le tandem de guerriers qui dirige l’équipe depuis le mois de Mars ne l’entendait pourtant pas de cette oreille : Dennis Wise et... Ray Wilkins, l’ancienne gloire des Red Devils. Wise avait toujours en tête l’exploit du Crazy Gang en 1988 contre Liverpool et Man United avait sûrement également en mémoire ses sueurs froides contre Brighton en 1983 (avec un but fantastique de Wilkins pour United) et Crystal Palace (un autre club du South-East London) en 1990, qui poussèrent Manchester United au replay. Mais Wise, qui pouvait devenir le premier joueur à gagner trois fois la Cup avec trois clubs différents, et Wilkins ont du se résigner. Ronaldo, portant le numéro 7 comme avant lui Best, Cantona, Beckham, et les Red Devils étaient trop forts. L’Histoire, qui avait organisé un ultime rendez-vous entre Wise et la finale de la FA Cup ne retiendra que le 11ème titre de Manchester.

[1] La sortie de deux autres films consacré au sujet sont également annoncés prochainement, dont "The Yank" avec Elijah Wood en Frodon américain propre sur lui fasciné par le hooliganisme anglais !!!

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