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Leeds, grandeur et décadence
Leeds, grandeur et décadence
K.Kick - Article publié le mercredi 5 mai 2004
A moins d’un miracle digne du championnat malgache (marquer une trentaine de buts en deux matchs), Leeds jouera sa saison 2004/05 en first division. Après West Ham en 2003, la premier league perd avec Leeds l’un de ses plus fidèles pensionnaires.

Et ce qui devait arriver arriva. Le Leeds United Football Club a fini par succomber à ses blessures. Le club du Yorkshire est tombé K.O., le 2 mai dernier, sur la pelouse du Reebok Stadium de Bolton (défaite 4-1 après avoir mené au score). Les blancs n’avaient pas quitté l’élite depuis la création de la Premier League il y a douze ans. Ils s’étaient bâtis une solide réputation en remportant le titre en 1992 et en se classant dans le top 5 pas moins de sept fois en dix ans. Leeds a même touché du doigt les sommets européens en se qualifiant deux années de suite pour les demi-finales de la coupe de l’Uefa (2000) et de la Champions league (2001). Comment un club, un temps pressenti comme challenger possible à Manchester united et Arsenal, a-t-il pu sombrer si rapidement ? La faute à qui ? La récente histoire de Leeds a en fait suivi à la lettre un scénario écrit il y a plus de trois cents ans de celà par Jean de la Fontaine : la grenouille qui voulut devenir plus grosse que le bœuf. Alors elle enfla, enfla, enfla... si bien qu’elle creva. Leeds a enflé, et a fini par crever. Autopsie.

Fin des années 90. Les ‘Whites’ représentent la valeur montante du football anglais. Le club dispose d’une génération très talentueuse qui finit par faire des éclats tant en championnat que dans les joutes européennes. Alan Smith et Harry Kewell deviennent les idoles de tous les mômes du Yorkshire et les maillots floqués à leurs noms se vendent presque aussi bien que des cannettes de bières. Leeds United FC est alors le stimulateur d’une ville et de sa région. Les grands patrons locaux reniflent l’affaire et investissent gros dans les affaires du club. L’argent coule à flot. Sous les commandes de Peter Ridsdale (président) et de David O’Leary (entraîneur), Leeds se lance dans une politique de recrutement aussi déraisonnable que ridicule.

Entre 2000 et 2002, le club se met à collectionner les stars surpayées et les starlettes surfaites. Ont débarqué par ordre d’arrivée : Olivier Dacourt, Michael Bridges, Michael Duberry Robbie Keane (acheté à l’Inter 11 millions de livres), Mark Viduka, Rio Ferdinand (payé 20 millions à West Ham, un record à l’époque), puis Seth Johnson (7 millions en provenance de Derby County), et enfin Robbie Fowler, recruté pour 11 millions de livres (20 millions d’euros) alors que l’équipe comptait déjà une demi-douzaine d’attaquants. En moins de deux ans, Leeds aura dépensé près de 73 millions de livres (110 millions d’euros) sur des joueurs qui, au bout du compte, ne sont restés que très peu de temps sur le navire blanc. A l’exception de Jimmy Floyd Hasselbaink, peu de joueurs ont quitté le Yorkshire. Les joueurs gardés quant à eux ont vu leur contrat renégocié avec salaires mirobolants à la clé. En moins de trois ans, la part de la masse salariale dans le chiffre d’affaire du club est passée de 66 à 88%. Leeds a pris la mauvaise habitude de dépenser sans compter. Au début des années 2000, il fut d’ailleurs fortement question d’investir dans la construction d’un nouveau stade. Elland Road, l’un des plus beaux stades d’Angleterre, n’a du son salut qu’aux supporters qui lancèrent plusieurs campagnes de protestation contre le projet d’une nouvelle enceinte.

Côté terrain, Elland Road renoue avec les grandes soirées européennes des seventies [1]. O’Leary traîne l’équipe et ses supporters aux quatre coins du continent : Milan, Barcelone, La Corogne, Rome, Madrid... Le peuple blanc jubile.

Leeds redescend de son nuage aussi vite qu’il en est monté. Rio Ferdinand se blesse en regardant la télé dans son salon et la bande à Bowyer (composé du dit Bowyer, de Woodgate, de Duberry et par intermittence de Mills et Alan Smith) manque les séances d’entraînement au profit d’interminables procès qui salissent l’image du club. En 2002, Leeds ne parvient pas à se maintenir parmi l’élite européenne et pâti de la baisse des droits de retransmission télé qui affecte tout le Royaume sauf MU. Après avoir joué au Nou Camp et à San Siro, les whites se retrouvent à affronter un an plus tard l’ESTAC au Stade de l’Aube. Forcément, ça change.

Pari perdu pour les investisseurs. En 2003, le club se retrouve avec plus de 80 millions de dettes (120 millions d’euros). Les meilleurs joueurs sont vendus, voire brader. Si Ferdinand est revendu à Manchester United près de 30 millions de livres, Fowler rejoint l’autre club mancunien pour seulement 3 millions, soit moins du tiers de sa valeur d’achat, douze mois plus tôt. Quant à Kewell, il met Leeds devant le fait accompli et l’oblige à n’empocher que 5 millions de livres pour son transfert à Liverpool (alors que Manchester United proposait le quadruple quelques mois plus tôt).

Le reste est une descente aux enfers classique. Changements d’entraîneur à répétition (trois en moins d’un an), effectif incohérent... A défaut de stars, Leeds se fait prêter les naufragés de l’hexagone (Chapuis, Sakho, Olembé, Zoumana Camara) et doit composer le plus souvent avec de jeunes joueurs inexpérimentés issus du centre de formation. Après un premier avertissement en 2003 (15 e ), Leeds sombre totalement en 2004 (actuellement 18 e ). L’aquarium géant pour poissons exotiques qui ornait l’entrée du siège est vendu, de même qu’un jet et une flotte de 70 voitures. Il en fallait bien plus pour éponger les dettes. Même les princes milliardaires du Bahreïn n’ont pas voulu reprendre les affaires du club. Financièrement, Leeds s’en sort grâce à Gerald Krasner, homme d’affaires du coin qui, à la tête d’un consortium, reprend le club. La maison mère, Leeds United PLC, est pour sa part placée sous contrôle judiciaire. Pour éviter le pire au niveau sportif, on tente de restaurer les traditions. Eddie Gray et Peter Lorimer sont appelés à la rescousse en cours de saison. Ces deux anciennes légendes du club sont respectivement nommés entraîneur et directeur de Leeds. Trop tard.

Leeds a donc payé cash une gestion catastrophique entamée il y a cinq ans par une présidence qui n’avait pas les moyens de ses ambitions.

Quoi qu’on en dise, Leeds manquera à la Premier league. Alan Smith a beau être une petite teigne, il est difficile de rester insensible face à ses larmes. Celles-ci traduisent la fin d’une époque pour Leeds. Les joueurs qui sont restés fidèles aux couleurs malgré la situation (comme Alan Smith à la fois joueur et supporter de Leeds, mais aussi Ian Harte, Paul Robinson, le gardien...) ont toutes les raisons d’en vouloir aux anciens dirigeants. Elland Road manquera beaucoup aussi.

[1] En 1975, Leeds est finaliste de la C1 (défaite contre le Bayern Munich) après avoir sorti Anderlecht en quarts et le Barca en demis.

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